Grève du 23 mars à Lyon : 55 000 manifestants selon les syndicats et 22 000 selon la préfecture

Une nouvelle journée de mobilisation nationale a réuni entre 22 000 personnes (préfecture) et 55 000 manifestants (syndicats) le jeudi 23 mars. En marge, plusieurs affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre.

Comme lors des précédentes journées d'action, la manifestation contre la réforme des retraites s'est élancée à 11h à Lyon,  de la Manufacture des tabacs, dans le 8e arrondissement.  Les manifestants ont pris la direction de la place Bellecour, en passant par le cours Gambetta. 

La foule a gagné la place Bellecour aux alentours de 14h30. Les syndicats annoncent 55 000 manifestants, ce qui constituerait un record. Ils sont 22 000 selon la préfecture du Rhône.

Tensions place Bellecour 

Des tensions entre des manifestants et les forces de l'ordre se sont poursuivit place Bellecour. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les personnes qui leur étaient hostiles. 

Plusieurs point d'accès était bloqués par la police afin de filtrer les manifestants, procéder à des interpellations et éviter que des cortèges sauvages ne se forment.

La préfecture annonce 11 interpellations au moment de la rédaction de cet article. trois policiers ont également été blessés. Elle annonce également 9 blessés côté manifestant et 59 blessés légers côté forces de l'ordre. 

Affrontements sur le pont de la Guillotière

Durant près d'une heure, la manifestation était bloquée sur le pont de la Guillotière. Un pré-cortège de manifestants hostiles aux forces de l'ordre leur faisait face. A de maintes reprises, les policiers ont fait usage de grenades lacrymogènes en réponse aux insultes et aux jets de bouteilles. Le groupe hostile à la police est composé d'une centaine de personnes. Le pont était noir de monde. Un bateau sillonnait le Rhône au cas où quelqu'un tombait à l'eau. 

Dans l'incapacité momentanée de se rendre place Bellecour, des centaines de manifestants se sont rendus sous la trémie du quai Gailleton. Ils ont bloqué la circulation avant d'être évacués par la police.

"Je n'ai pas supporté l'arrogance d'Emmanuel Macron" 

A 13h30, la fin de cortège quittait le point de départ de la manifestation, ce qui laissait déjà présumer une forte mobilisation. 

Alain, ancien géomètre à la retraite en est à son 9e jour de manifestation. "Je suis à la retraite et je fais ça pour mes petits enfants" explique-t-il.  "Je crois encore au référendum d'initiative populaire, et je n'ai pas supporté l'arrogance du président de la République. Il néglige la foule et toutes les personnes qui sont là de façon pacifique."

"On aimerait que le vote à l'assemblée soit représentatif du peuple et pas laisser un gouvernement décider de tout." complète Ludivine, 28 ans ingénieure. Derrière elle, en fond sonore, slogans, tirs de mortiers et sirènes se mélangent. Elle reprend sa place dans le cortège en estimant que "c'est bien de ne pas baisser les bras et de se battre un peu pour notre démocratie."

"Je suis allée chercher mes enfants à l'école pour qu'ils manifestent avec moi. Je veux leur donner la possibilité de voir comment on peut se mobiliser et montrer qu'ensemble on est plus forts" dit Lucie, 42 ans, salariée du social. Son fils, cheveux bouclés mouillés par la pluie, moins de dix ans,  lorsqu'on lui tend le micro, a trouvé son slogan : "Macron espèce de cornichon!" 

Les précédentes grandes journées de manifestations avaient réuni entre 25 000 et 50 000 manifestants, selon les autorités ou les organisateurs.

Blocages sur le périphérique

Des barrages filtrants ont ralenti la circulation au niveau de la Porte des Alpes et du rond-point de la Feyssine. Une dizaine de lycées se sont également mobilisés dans le Rhône. 

Plusieurs départs de feux ont été signalés à la préfecture et pris en charge par les sapeur-pompiers, dont un notamment au niveau du périphérique à hauteur du port Edouard Herriot. 

 

Ecoles et universités mobilisées

Près de la moitié des 208 restaurants scolaires étaient fermés, et 25 n'offriront qu'un service d'accueil pour la restauration. L es accueils d'enfants en temps périscolaire seront fermés dans 45 écoles. Des services minimums d'accueil sont prévus pour les parents qui n'auraient pas d'autres solutions de garde. 

Côté universitaire, le site de Bron de l'Université Lyon 2 est bloqué depuis environ deux semaines par des étudiants. La direction de la faculté a annoncé qu'aucune activité n'aurait   lieu sur le site, car "les conditions d'accueil des étudiants et personnels ne sont pas réunies". Les autres sites devraient être largement perturbés par les mobilisations.

Plusieurs campus universitaires étaient bloqués dès 8h du matin, comme à Lyon 2 et à l'ENS. 

La culture à l'arrêt

Le musée des Beaux-Artsa été occupé à partir du dimanche 19 mars par un petit groupe d'intermittents du spectacle. Sur sa page Twitter, le musée annonce la prolongation de sa fermeture : " En raison de l'occupation du musée par une délégation d'artistes opposés à la réforme des retraites, le musée restera fermé mercredi 22 et jeudi 23 mars."

Les occupants ont cependant décidé de quitter les lieux et l'ont annoncé dans un communiqué. "Les échanges avec la Ville ces dernières heures nous ont réjouis. La banderole sera maintenue sur le fronton du musée et nous engageons dans les semaines à venir un dialogue pour évaluer la possibilité d'une expérimentation de l'assurance-chômage au bénéfice des artistes-auteurs et autrices à l'échelle de la Ville de Lyon".

S'i le gouvernement s'entête, nous n'hésiterons pas à reprendre les occupations, à étendre et poursuivre la grève, à multiplier les actions", conclut le communiqué.

La majorité des institutions culturelles seront également fermées jeudi, comme le TNP (Théâtre National Populaire) de Villeurbanne. Les salariés ont d'ailleurs déjà voté, en assemblée générale, l'annulation des représentations prévues mardi 21 et mercredi 22 mars.

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