Face à la lutte contre les arrêts maladie de complaisance, voulue par le gouvernement, des patients lésés font appel à la justice

La nouvelle loi de financement de la sécurité sociale en fait une priorité : la lutte contre les arrêts maladie de complaisance est engagée. Dans la cible de l'Assurance maladie, il y a d'abord les médecins généralistes, mais également les patients convoqués par des médecins-conseils souvent impitoyables.

"Le nombre et le coût des arrêts maladie augmentent donc je pense que tout le monde a intérêt à ce qu'on puisse contenir les dépenses liées à ces arrêts maladie". C'est Elisabeth Borne, ancienne Première ministre, qui faisait cette promesse l'été dernier. Les têtes ont changé mais depuis, la loi a été promulguée. Pour 2024, le gouvernement attend de la sécurité sociale des économies d'un montant de 1,25 milliard d'euros, rien qu'en réduisant les arrêts maladie, jugés trop nombreux. Les contrôles sont alors renforcés.

Comportements déplacés des médecins

Les médecins-conseils sont visiblement déjà au diapason. Plusieurs patients ont fait part de comportements limites lors des convocations du service médical."Je lui ai dit que j'avais envie de voir personne, que j'avais des idées noires et que j'avais envie de me foutre en l'air", confie une patiente. "Elle m'a regardé et elle m'a dit "dites-moi comment vous allez vous foutre en l'air ?". Je lui ai répondu "madame vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Vous savez ce que c'est une dépression ?". Elle m'a dit "non c'est à vous de me dire". J'avais juste envie de lui montrer : ouvrir la fenêtre et sauter".

La médecin de la sécurité sociale a finalement jugé son état stabilisé et a prescrit une reprise du travail. Mais cette femme aux syndromes anxio-dépressifs reconnus a dû être hospitalisée dans la foulée.

Des avocats de plus en plus sollicités

L'assurance maladie est-elle prête à tout pour remplir ses objectifs ? Maître Benjamin Gautier, avocat spécialiste des affaires sociales, est de plus en plus souvent sollicité par des patients malades et désemparés face à la froideur du système. "L'air du temps est aux économies. Je serais surpris que l'assurance maladie n'a pas d'instructions pour en faire. Dès lors qu'on traite ce type de dossiers en termes statistiques, on finit par aboutir à des situations humaines catastrophiques", raconte-t-il.

La direction régionale du service médical n'a pas voulu répondre à nos sollicitations. Quant aux patients lésés, certains n'hésitent plus à attaquer l'institution en justice mais les procédures peuvent durer plusieurs années.

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