Festival de Cannes. Un Lyonnais a produit le film "Les Graines du figuier sauvage", prix spécial du jury

Un temps pressenti pour la palme d'or à Cannes, le film "Les Graines du figuier sauvage" a finalement remporté le prix spécial du jury. Son réalisateur, Mohammad Rasoulof, est menacé d'emprisonnement en Iran où le film a été tourné clandestinement. Le producteur du film, Jean-Christophe Simon, est lyonnais. Les deux hommes ne s'étaient jamais rencontrés avant le festival.

Le réalisateur iranien de "Les Graines du figuier sauvage" a remporté le "prix spécial du jury" lors du Festival de Cannes 2024. Mohammad Rasoulof, a tourné son film de manière illégale dans son pays.

Contraint à l'exil, à la suite d'une condamnation à cinq ans de prison ferme, il a enfin pu rencontrer son producteur. Le producteur lyonnais Jean-Christophe Simon travaille avec lui depuis cinq ans. Les deux hommes ne s'étaient pas vus depuis tout ce temps.

En exil forcé

Durant tout le festival, Jean-Christophe Simon a vécu dans l'incertitude. La venue de son réalisateur, en exil, n'était pas certaine pour la projection du film. Il séjourne en Europe, dans un lieu tenu secret. Le régime iranien l'a condamné à une peine de huit ans de prison, "dont cinq applicables" et des coups de fouet pour "collusion contre la sécurité nationale". Son film raconte l'histoire d'une famille qui va se déchirer en raison du mouvement "Femme, vie, liberté", qui a débuté en 2022 en Iran.

Pour le producteur, Mohammad Rasoulof "voulait raconter la vérité de ce qui se passe à l'heure actuelle dans son pays". Un film très critique à l'égard du pouvoir en place.

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Le producteur lyonnais, Jean-Christophe Simon, raconte l'histoire de sa rencontre avec le réalisateur Iranien Mohammad Rasoulof. ©France 3 Rhône Alpes

Une montée des marches remarquée

Jean-Christophe Simon partage son bureau entre Lyon et Berlin. Le producteur a déjà travaillé avec Mohammad Rasoulof lors d'un précédent film, "Le diable n'existe pas", Ours d'or à Berlin en 2020. Cette année, le film, en compétition officielle à Cannes, a marqué les esprits. La montée des marches aussi. Le réalisateur a présenté les photos de ses acteurs, toujours retenus en Iran. 

L'un de nos journalistes sur place a rencontré le producteur lyonnais quelques heures avant la montée des marches : "Jusqu'au dernier moment, il ne savait pas si le réalisateur allait pouvoir assister à la projection du film. Il a vécu entre incertitude et espoir", selon Julien Sauvadon, journaliste à France 3 Rhône-Alpes.

Lors de la cérémonie de clôture, le réalisateur Iranien a pris la parole pour remercier tous ceux qui l'ont aidé à réaliser ce film et dénoncer le pouvoir en place. "Permettez-moi d'avoir une pensée pour tous les membres de mon équipe qui ne sont pas avec moi pour célébrer ce prix. Mon chef opérateur, nombre de techniciens, qui sont sous pression. Mon cœur est avant tout avec eux", a déclaré Mohammad Rasoulof en recevant son prix.

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