Fête sauvage sur les quais à Lyon : les organisateurs condamnés à 3 mois de prison avec sursis

Poursuivis pour mise en danger de la vie d'autrui après un rassemblement sauvage sur les quais de Saône à Lyon, deux frères comparaissaient devant la justice ce 27 avril 2021. Ils écopent de 3 mois de prison avec sursis et d'une amende de 300 euros.

Les deux frères, "organisateurs" de la fête sauvage du 30 mars 2021 sur un quai de Saône de Lyon, se sont expliqués devant le tribunal correctionnel. Le 27 avril 2021, ils ont été condamnés à 3 mois de prison avec sursis et à une amende de 300 euros.
Les deux frères, "organisateurs" de la fête sauvage du 30 mars 2021 sur un quai de Saône de Lyon, se sont expliqués devant le tribunal correctionnel. Le 27 avril 2021, ils ont été condamnés à 3 mois de prison avec sursis et à une amende de 300 euros. © Maxime Jegat/MaxPPP

Léo et Arthur entendaient "tourner la page au plus vite", selon leurs avocats qui les assistaient ce mardi 27 avril 2021 lors d'une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Lyon. Les deux frères, âgés de 23 et 26 ans, devaient répondre de la mise en danger de la vie d'autrui et non-respect des mesures sanitaires Covid après une fête sauvage, le 30 mars, sur les quais de Saône. "Dépassés par les évènements dès le début", sans but militant... La défense des deux jeunes hommes espéraient que la Justice ne ferait pas de leurs clients un exemple. Ils ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et à une amende de 300 euros.

"Un énorme bras d'honneur aux efforts de tout le monde"

Ils pensaient rameuter 15 à 20 personnes ce jour-là sur les quais de Lyon. "On a été dépassés par l'engouement des personnes, on a été pris par ce mouvement, par ce phénomène, on s'est laissé emporter", disent les deux frères à la barre lors de l'audience. Mais le procureur ne croit pas vraiment en cette version. Rappelle ce message posté sur le réseau social Instagram (via le compte de leur association) indiquant "un apéro sonore sur les quais de Saône",  et ce voeu d'y voir de nombreuses personnes. "Après coup, on s'est rendu compte que c'était dangeureux", se défendent les deux frères. Le quai fait sept mètres de largeur, il n'y a pas de barrière de protection rappelle en effet le président du tribunal. Ce jour-là, 250 personnes s'y massent pour un moment festif avant le couvre-feu en vigueur.

Vous constituez un aimant et vous attirez tout le monde avec vos enceintes... On a l'impression d'un énorme bras d'honneur aux efforts de tout le monde...

Le président du tribunal de Lyon, audience du 27 mars 2021

Léo et Arthur ont créé une association à but culturel qui n'est pas basée à Lyon. Ils sont en stage. L'un est ingénieur, et l'autre travaille en tant que technicien du spectacle. Mais le 30 mars, ils ont attiré du monde, beaucoup de monde, sur les quais de Saône de Lyon, avec leur téléphone portable raccordé à une enceinte bluetooth, diffusant une play-list de musique . "On avait déjà fait ça dans des parcs à Lyon, on avait rarement passé la vingtaine", se défend l'un des deux frères.

Jugés en comparution immédiate, Léo et Arthur risquent alors un an de prison et 15.000 euros d'amende pour mise en danger d'autrui après ce rassemblement en plein air, jugé "irresponsable et inacceptable" par les autorités le lendemain des faits. De son côté, le procureur requiert 4 à 6 mois de prison..

Voeu d'un message didactique

"Pour eux, l'évènement se voulait anodin, un moment de convivialité. Il y avait déjà du monde sur place, ils arrivent vers 17h13 sur les quais et là ils sont 10, puis 80 à 17h35, et après on a vu les images... c'est allé très très vite". Tout en évoquant la fête clandestine des Buttes-Chaumont à Paris du 25 avril, la réouverture des écoles, et l'attente des annonces d'Emmanuel Macron, "je crains qu'on ne veuille en faire un exemple, qu'on veuille faire passer un message auprès de la population", déclare l'un des avocats de la défense avant l'audience.

Tous ceux qui sont présents à ce moment-là se sont mis en danger les uns les autres, c'est une forme de complicité de leur part. Ils ont permis cette mise en danger générale. Il y a 250 délinquants en fait dans cette affaire. 

Me Thomas Fourrey, avocat de la défense

Récusant tout but militant dans leur message sur les réseaux sociaux ce jour-là, la défense s'attache à montrer que Léo et Arthur "ne remettent pas en cause la loi, l'état d'urgence, la gravité de l'épidémie. Ils se sont présentés à la Police spontanément. Mais comme tous les jeunes de 24-28 ans, ils aiment bien se retrouver. Ils sont allés sur les quais, sans alcool. "Mes clients ne sont pas les boucs émissaires d'une situation dramatique pour tout le monde".

 Il y avait juste le besoin de cohésion, de se rapprocher en écoutant de la musique, ce dont ils sont privés depuis un an.

Me Thomas Fourrey , avocat de la défense

Pour l'un des avocats des deux frères, "la peine juste, si le procureur veut donner un message didactique, ce sont des travaux d'intérêt général". "Qu'il est difficile d'avoir 20 ans en 2021. Notre jeunesse n'est-elle pas en train de craquer ? Elle n'a plus de vie sociale. Ses années d'insouciance ne sont plus rattrapables", a ainsi plaidé Me Mélanie Sanzari.
Léo et Arthur ont été condamnés le 27 avril 2021 à trois mois de prison avec sursis et 300€ d'amende. Les juges ont aussi prononcé 1.500€ d'amende contre leur association à but culturel.

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