Fin du monopole des transports en commun Lyonnais, le contrat frôle le milliard d'euros, la RATP est sur les rails

Le 28 mars prochain, les transports en commun lyonnais vont connaître un changement. Jusque-là, Keolis était le seul exploitant du réseau. Il faudra partager le gâteau avec d'autres entreprises.

C'est un contrat qui vaut de l'or, un peu plus d'un milliard d'euros. Le premier marché de délégation de service public (D.S.P.) en France. Un contrat qui permet à une entreprise privée de faire tourner les métros, les bus, les tramways à Lyon et sa métropole. Jusqu'à présent, Kéolis était l'unique entreprise. Contacté, son service presse explique "on ne va pas s'exprimer à ce stade".

Se tailler la part du gâteau

Le 28 mars prochain, les élus qui siègent au conseil d'administration du syndicat des transports décideront de confier l'exploitation du réseau à une autre entreprise. La RATP-Dev est pressentie.

Un coup dur pour l'actuel exploitant qui gérait tout le réseau, seul. Désormais, un autre géant du transport viendra prendre sa part du gâteau. L'un pour les bus, les trolleys et le contrôle voyageur. L'autre pour les métros, les funiculaires et les tramways.

"Une situation de monopole privé"

Cette nouveauté fait suite à une recommandation de la Cour des comptes qui avait noté que dans le cadre des marchés publics, à Lyon, la concurrence ne pouvait fonctionner à cause de la taille du lot. "Le lot de Lyon était dans une situation de monopole privé, de fait, depuis trente ans", déclare Jean-Charles Kohlhaas. Le vice-président (EELV) du syndicat des transports lyonnais (le SYTRAL) explique que d'avoir divisé le lot en deux devrait permettre "une meilleure concurrence afin d'améliorer la qualité de service".

Nous avons, par ailleurs, décidé de reprendre en interne, en gestion directe donc, des missions importantes comme la relation usagers et la billettique.

Jean-Charles Kohlhaas, Vice-président(EELV) du SYTRAL

Une incertitude demeure

A priori, rien ne changera pour les usagers. Les tarifs des tickets ou des abonnements seront toujours décidés par les élus du syndicat des transports en commun.

Une incertitude pèse sur l'offre de service. Un syndicaliste, qui souhaite rester anonyme, explique les limites de cet "allotissement", notamment lors des pannes du métro.

Quand le métro s'arrêtait, les bus prenaient le relais. C'était coordonné au sein de la même entreprise. Demain, que se passera-t-il ? Est-ce qu'il n'y aura pas conflit d'intérêt ? Ça risque de devenir compliqué pour les voyageurs.

Un syndicaliste chez Kéolis

Du côté du SYTRAL, on se veut rassurant, en expliquant que le contrat a prévu ces cas de figure. Concernant le volet social, aucun employé ne sera écarté. "Les salariés resteront des salariés des TCL, avec leurs rémunérations, droits et acquis sociaux" a déclaré le président du SYTRAL dans un communiqué.

Le présent contrat arrive à échéance fin 2024. Selon toute probabilité, la RATP entrera alors dans le métro à Lyon au 1er janvier 2025.

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