General Electric : 4ème semaine de conflit à Lyon, des discussions dures et ... une caisse de grève en ligne

Alors que les discussions entre direction et syndicats de GE semblent avancer sur le volet industriel, elles achoppent sur "le social", notamment sur les mesures d'âge et le paiement d'un tiers des jours de grève. Par ailleurs, une caisse de grève "en ligne" a été mise en place.

© Serge Paolozzi

Les salariés de General Electric à Villeurbanne et Saint-Priest (Métropole de Lyon) entrent dans leur 4eme semaine de grève contre le projet de restructuration de deux divisions en Europe, celles des équipements pour barrages (Hydro) et pour réseaux électriques (Grid), qui, pour la direction, "génèrent des pertes financières importantes".

Une grève "dure"

Une grève "dure, totale" selon Serge Paolozzi, le Délégué syndical central CGT Grid France chez General Electric. "Ce week-end, la direction avait fait nettoyer le piquet de grève à l'entrée de l'usine de Villeurbanne, les salariés ont tout remis en place ce matin (lundi 14 décembre)  à 6 heures". 

Dans sa version initiale, le plan prévoyait d'après les syndicats la suppression de 634 emplois sur 1.989 salariés de Grid Solutions France, parmi lesquels 350 sur les sites de Villeurbanne et Saint-Priest, près de Lyon. 

Des discussions qui avancent sur le volet industriel

Vendredi 11 décembre, à l'issue d'une semaine de discussion au plus haut niveau, entre direction et intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC, l'espoir de sauver une centaine d'emplois sur les sites lyonnais se faisait jour. 

"On a proposé à la direction, expert à l'appui, de revoir sa copie. S'ils maintiennent leur volonté de fermer la production de "disjonteurs de ligne" (dont la fabrication sera délocalisée en Chine et pour une petite partie en Italie), ils ont accepté de conserver l'activité disjonteur de générateurs (ceux mis en oeuvre à la sortie des centrales électriques, ndlr) ". 

Ne pas détricoter la R&D

En revanche, pour l'heure, GE maintient son projet de diminuer d'un tiers les services recherche et développement (R&D), là où l'intersyndicale propose la mise en place de chômage partiel de longue durée (APLD) pour les 24 prochains mois, le temps de se donner du temps et de ne pas détruire une infrastructure d'ingénierie "performante".

Un volet social très disputé

Côté social, l'objectif des syndicats est d'obtenir plus ou moins les mêmes garanties que celles obtenues lors du précédent PSE (plan de sauvegarde de l'emploi).

Si la direction a acté "des mesures d'âge" pour limiter le recours aux licenciements, elle refuse la proposition des syndicats de participer à hauteur d'un tiers au paiement des jours de grève ( les salariés et la "caisse de grève en ligne"-lire encadré plus bas- devant financer le reste).

Une "provocation"

a n'est pas l'essentiel" commente Serge Paolozzi, mais c'est "une provocation" alors que les discussions devraient reprendre mardi 15 et mercredi 16 en comité central d'entreprise, toujours sur le volet industriel.

Autant dire que la sortie de grève chez GE dans le bassin lyonnais, comme sur d'autres sites en France, n'est pas pour tout de suite. Un conflit qui dure et qui met les nerfs de tout le monde à rude épreuve. 

Le 1er décembre, les Lyonnais à Bercy et à l'Assemblée nationale

Pour mémoire, le 1er décembre, quelque 70 salariés des sites de Villeurbanne et Saint-Priest (Rhône) de GE, en grève depuis le 23 novembre, s'étaient rendus à Paris, où ils ont été reçus au ministère de l'Economie avant de se rendre devant l'Assemblée nationale.
    
Là,  lors du rassemblement devant le palais Bourbon, Serge Paolozzi expliquait : "on est exsangue. On sort de 18 mois de PSE et on repart pour un nouveau PSE sur deux ans, c'est insupportable".

Selon les syndicats, General Electric a supprimé 3.000 emplois en France depuis le rachat de la branche énergie d'Alstom en 2015, rachat qui devait s'accompagner de la création de 1.000 postes sur trois ans. Pour sa part, la direction assure que 2.000 salariés ont quitté le groupe dans le cadre de cessions d'actifs.

Une caisse de grève en ligne

Pour venir en aide aux salariés en grève totale des sites de GE de la région lyonnaise (Villeurbanne et Saint-Priest), l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE-CGC a mis en place une caisse de grève en ligne. A cette heure, 258 donateurs ont versé 12 855 euros. 

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