Grève des TCL : un accord signé dans la nuit par deux syndicats non-grévistes

Tard dans la nuit, un accord a été signé entre la direction des TCL, l'entreprise exploitante Kéolis et deux syndicats représentatifs de l'entreprise qui n'avaient pas appelé à la grève. Coup de colère des soutiens du mouvement.

Un accord a été finalement signé dans la nuit entre la direction de Kéolis et deux syndicats de l’entreprise, l’Ugict CGT, syndicat des agents de maîtrise et FO.  Négocié dans la nuit de mercredi 29 septembre à jeudi 30 septembre, sur le renforcement de la sécurité dans les bus. Des conducteurs formés à la médiation accompagneront leurs collègues dans les zones sensibles. Les après-midis ainsi que les soirées en fin de semaine en particulier, précise la direction de Kéolis. Cela pourrait représenter l’équivalent d’une quinzaine de personnes. Dans l'accord figurent également le déploiement de caméras individuelles et l’ajout de vitres de protection des chauffeurs dans les nouveaux bus appelés à être livrés. En termes financiers, les négociations ont également concerné les primes de métier pour les conducteurs de bus point celle-ci peut atteindre les 50€ par mois, à raison de 200€ tous les 4 mois. Cette prime, basé sur des critères de présence des salariés virgule et désormais évalué mois par mois. “ C'est plus avantageux pour la plupart des chauffeurs seront deux fois plus nombreux à toucher cette prime", considère Jérôme Berthonneau, directeur de l'exploitation du réseau chez Kéolis. Enfin, les signataires se sont mis d'accord sur une revalorisation de la prime Macron, à hauteur de 120 euros par mois, pendant les quatre mois à venir.

"Bisbille" syndicale

Sauf que ces deux syndicats (dont le premier affilié à la CGT) n’étaient pas dans le mouvement de grève ! Ce qui a le don d’irriter le secrétaire adjoint de la CGT (pour la grève), et secrétaire du CSE de Kéolis. « Ces deux syndicats signataires sont allés négocier sans l’accord des grévistes, sans l’accord des salariés, ils ont joué le jeu de a direction ! », s’étouffe-t-il. Ils n’ont pas respecté la démocratie, ils ont vendu le mouvement de grève. Ils en assureront les conséquences. »

Derrière cette bisbille syndicale se tramerait le futur projet d’allotissement que devrait voter le Sytral (organisateur des transports de la métropole lyonnaise et donneur d’ordre de Kéolis) en janvier prochain. Cette répartition des secteurs du réseau, (découpage géographique et/ou par mode de transport) via une mise en concurrence ne serait pas du goût de Kéolis qui ne cache pas être plutôt opposée à cette nouvelle formule. Ce à quoi Kéolis répond par la négative : "Nous sommes bien-entendu informés du processus en cours, explique Jérôme Berthonneau, directeur de l'exploitation du réseau SLTC. Kéolis a donné son avis au Sytral, mais cela reste entre le Sytral et nous." Quel que soit le choix qui sera effectué, précise Kéolis, la société fera en sorte de rester un opérateur sur tout ou partie des lots, si ces lots sont confirmés, dans le respect des décisions du Sytral.

Des grèves massives en cas d'allotissement ne sont pas exclues

Explication et décryptage de la CGT : les deux syndicats signataires ont voulu éviter un épuisement des personnels dans une grève afin de faciliter l’émergence d’une grève lorsque la décision de découper le réseau par entreprise sera discutée par les élus du Sytral. Grève qui pourrait être soutenue et recommandée du bout des lèvres par la direction de Kéolis. Dans cette partie de billard à trois bandes, le secrétaire du CSE estime que c’est aux salariés de décider de la poursuite du mouvement ou pas. C’est à ceux qui ont opté pour la grève de négocier. Une question de principe démocratique.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
transports en commun grève social transports société