Handi : à 28 ans, la paratriathlète lyonnaise Annouck Curzillat prépare activement les Jeux Olympiques de Tokyo en 2021

A l'occasion de la journée internationale du handicap, gros plan sur une championne au parcours impressionnant. En 6 ans, Annouck Curzillat, kiné à Lyon, et non-voyante de naissance, est devenue une sportive de haut-niveau. 
Annouck Curzillat à l'entrainement accompagnée de sa guide Céline Bousrez
Annouck Curzillat à l'entrainement accompagnée de sa guide Céline Bousrez © AC
A 28 ans, Annouck est masseuse kinésithérapeute à Lyon. Non-voyante depuis sa naissance, c’est une sportive accomplie, déjà sextuple championne de France de paratriathlon (natation, vélo et course) depuis 2015. A présent, elle prépare ardemment les Jeux Olympiques de Tokyo qui, pour cause de crise sanitaire mondiale, ont été reportés à l’été 2021.
 
C’est presque le hasard qui a mené Annouck à sa discipline : «Cela a débuté par un simple contact téléphonique. Un pompier professionnel, valide, qui pratiquait le triathlon en club en Isère a découvert un jour le biathlon handisport à la station La Féclaz près de Chambéry. Il a observé la pratique d’un handisport avec accompagnement par un guide et a souhaité devenir l’un de ces guides. Il est alors entré en communication avec la Fédération handisport, et de fil en aiguille, j’ai été mise en relation avec lui. Et c’est ainsi que j’ai moi-même découvert le triathlon... alors que je ne savais ni bien nager, ni bien rouler, ni bien courir ! » rit-elle.
 
Seul imprévu qui n’est alors pas anodin : Annouck ne pouvait avoir qu’une femme pour guide, comme le veut le réglement de la Fédération. Leur collaboration sportive s’est donc arrêtée-là, après que ce pompier, très motivé, ait tout de même réussi à trouver une fille pour devenir la première guide d’Annouck. Une belle histoire qui s’est transformée en succès. Aujourd’hui, Annouk est devenue une sportive de haut niveau. Elle a connu plusieurs guides en 5 ans, et, avec elles, elle a obtenu la 5e place aux championnats du monde en 2019 et la 4e aux championnats d’Europe.
 
Membre de l’ASVEL triathlon actuellement, notre championne est rivée sur les JO de Tokyo. "Ça se prépare tout le temps" sourit-elle "L’objectif est omniprésent. Tous les entraînements convergent vers ce but. Je travaille en binôme avec ma guide. Elle dégage du temps pour s’adapter à mes déplacements. En retour, je finance pour deux (hébergement, repas, etc.) dès que l’on part en compétition". Si vous souhaitez apporter votre soutien à Annouck, vous pouvez contacter sa responsable partenariat, ou passer par la page Facebook de la sportive.
 
Même si les épreuves de natation se déroulent essentiellement en eaux libres, Annouck s’entraîne surtout à la piscine de Vaise. "Je tâche de gagner en technique, d'acquérir des références de temps et d’espace. Lorsque l’on s’entraine à l’extérieur, on essaye aussi de travailler sur l’orientation. Il faut bien repérer les bouées, et pas trop se perdre." L’athlète est attachée à sa guide pour nager et courir à environ 60 cm de distance . Elles utilisent un tandem pour l’épreuve cycliste. « On travaille d’abord séparément nos techniques, puis ensemble pour bien calibrer le guidage, ne pas se gêner."
 
Annouck Curzillat à l'entrainement
Annouck Curzillat à l'entrainement © A.C

« Honnêtement, j’ignorais que c’etait aujourd’hui » avoue Annouck lorsque l'on évoque la journée internationale du handicap. "Mais c’est important que ces journées existent, ça met en valeur nos disciplines, notamment dans les médias. Je pense que cela permet d’éviter que le grand public ignore le handisport". Et, espèrons-le, la soutienne soutenir à Tokyo en août prochain.
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