Haut-Karabakh : le conseil municipal de Limonest vote pour l’indépendance de l'enclave

Lors du conseil municipal de Limonest le 15 octobre 2020, les élus souhaitent que la France reconnaisse l’indépendance de l’Artsakh. C’est la deuxième municipalité de France, et le première en région Auvergne-Rhône-Alpes, à en faire le vœu.

© Adrien Vautier MaxPPP
Le conseil municipal de Limonest (Métropole de Lyon) a formulé, le jeudi 15 octobre 2020, le vœu suivant : ''la reconnaissance par la France de la République d’Artsakh, gage de sécurité pour ses populations, de stabilité régionale et mondiale''. Ce vœu a été voté à l’unanimité par les 27 conseillers municipaux, y compris ceux de l’opposition.

Cet été, le 12 juillet 2020, Arthur Nighoghossian, conseiller municipal délégué de Limonest avait écrit au président de la République, Emmanuel Macron, lui demandant de ''condamner les attaques de l’Azerbaïdjan dans le Haut Karabakh''. Son courrier est soutenu par de nombreux députés du Rhône, maires et autres élus de la région.

"La France doit imposer la paix"

L’Artsakh (nom arménien du Haut-Karabakh) est une enclave située entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Sa population est à 95% arménienne. Gelé depuis 1994, le conflit au Haut-Karabakh s'est de nouveau embrasé. L’Azerbaïdjan veut récupérer ce territoire. Dans ce combat, le pays est soutenu par l’Iran et la Turquie. La Russie, elle, soutient l'Arménie. Des soutiens qui font craindre une internationalisation du conflit.
 

Joint par téléphone, Arthur Nighoghossian regrette que la France s’en tienne à son impartialité. Pour lui, ''la France et l’Europe doivent imposer la paix là-bas. Trop de civils sont tués, dont beaucoup de jeunes. On ne peut plus être neutre''.

"On est en situation de catastrophe humanitaire"

Pour le journaliste drômois Krikor Amirzayan, qui était l’invité de notre émission Entre deux ce mercredi 13 octobre sur France 3 Rhône-Alpes, ''on est en situation de catastrophe humanitaire, dans le Haut-Karabakh'', explique-t-il. "Et au regard de ce péril, seule la reconnaissance de l'Artsarkh, et son rattachement à l'Arménie, peut garantir la protection du peuple arménien du Karabakh".
 

En 1921, l’enclave était rattachée à l’Azerbaïdjan. Mais depuis la chute de l’URSS, elle avait auto-proclamé son indépendance en 1991. Une indépendance non reconnue par la communauté internationale, et donc non reconnue par la France.

Des soutiens français sous pression diplomatique

A Bourg-lès-Valence, 15% de la population est d’origine arménienne. La maire (LR) de la ville, Marlène Mourier, multiplie les prises de position en faveur de l’indépendance de l’Artsakh. 

Dès son arrivée à l’Hôtel de Ville, elle avait signé une charte d’amitié avec Chouchi, la capitale historique du Haut-Karabagh. Mais comme la France n’a jamais reconnu l’Etat autoproclamé, le Tribunal administratif de Grenoble a annulé cette charte. Par ailleurs, les autorités ont demandé à la maire d’enlever le drapeau de la République autoproclamée du Haut-Karabagh que la municipalité avait posé à l’entrée de la commune.
 
La Région Auvergne-Rhône-Alpes vote une aide de 100.000 € pour aider les Arméniens
La Région Auvergne-Rhône-Alpes a voté une aide humanitaire de 100.000 € pour aider les Arméniens dans leur conflit face aux Azéris. Cette aide a déjà permis d'acheminer 10 tonnes de matériel depuis l'aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Un autre avion est prévu.
Le président de la Région AURA Laurent Wauquiez ne veut pas "se dérober de nos responsabilités. Il faut prendre parti. Il y a des gens qui sont attaqués, il y a une population qui est attaquée" rapportent nos confrères du Progrès.
 
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