Justice : attentat de la gare St Charles, "c'est la préfecture du Rhône qui est visée en premier"

Le recours des parents de deux étudiantes tuées dans un attentat à la gare Saint-Charles de Marseille le 1er octobre 2017 est examiné ce mercredi devant le tribunal administratif de Lyon."Il faut que la faute de l'État soit reconnue. Et c'est la préfecture du Rhône qui est visée en premier".
 

Le recours des parents de deux étudiantes tuées dans un attentat à la gare Saint-Charles de Marseille le 1er octobre 2017 doit être examiné ce mercredi 8 janvier devant le tribunal administratif de Lyon: en jeu, la reconnaissance de la responsabilité de l'État.
Le recours des parents de deux étudiantes tuées dans un attentat à la gare Saint-Charles de Marseille le 1er octobre 2017 doit être examiné ce mercredi 8 janvier devant le tribunal administratif de Lyon: en jeu, la reconnaissance de la responsabilité de l'État. © MAXPPP
Le recours des parents de deux étudiantes tuées dans un attentat à la gare Saint-Charles de Marseille le 1er octobre 2017 doit être examiné ce mercredi 8 janvier devant le tribunal administratif de Lyon: en jeu, la reconnaissance de la responsabilité de l'État.

"Il faut que la faute de l'État soit reconnue. Et c'est la préfecture du Rhône qui est visée en premier", relève l'une des avocates des familles, Maître Béatrice Dubreuil.


Les deux cousines, Laura, 22 ans, et Mauranne, 20 ans, avaient été poignardées sur le parvis de la gare Saint-Charles par un Tunisien, Ahmed Hanachi, ensuite abattu. L' acte avait été revendiqué par Daech.
Les proches des deux jeunes filles demandent, dans deux recours déposés en septembre 2018, que le tribunal reconnaisse "la responsabilité de l'État pour faute dans la survenance de leur assassinat (...) et qu'il soit fait droit de leur demande indemnitaire pour plusieurs membres des deux familles", avait alors précisé le tribunal.

"Ce que demandent les familles c'est que soit reconnue la responsabilité de l'État et que ça n'arrive plus jamais", souligne à l'AFP Maître Alice Cabrera, avocate du père d'une des victimes.   


Le recours indemnitaire pointe en particulier le fait que l'assaillant avait été interpellé à Lyon deux jours avant l'attaque pour un vol
à l'étalage au centre commercial de la Part-Dieu, puis relâché le lendemain sans mesure d'éloignement, ni placement en rétention alors qu'il était en situation irrégulière.

A l'issue de sa garde à vue, la procédure judiciaire avait en effet été finalement classée sans suite par le parquet de Lyon, faute d'éléments suffisants. Les services de police avaient saisi la police aux frontières pour le faire expulser. Mais la préfecture du Rhône ne lui avait jamais délivré d'obligation de quitter le territoire français, arguant que le centre de rétention de Lyon Saint-Exupéry était saturé.
S'appuyant sur un rapport de l'inspection générale de l'administration (IGA) sur les conditions de remise en liberté de l'assaillant, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Gérard Collomb, avait déploré "un ensemble de graves dysfonctionnements" au sein de la préfecture du Rhône. Le préfet Henri-Michel Comet avait été limogé.

"Après les avoir reconnus en 2017, l'État affirme maintenant qu'il n'y pas de lien de cause à effet entre ces dysfonctionnements et l'attaque" qui a causé la mort des deux jeunes victimes, relève Maître Cabrera. 

"Ce que le rapport de l'Inspection Générale de l’Administration appelle "dysfonctionnement", c'est une carence fautive, des faits avérés et une faute avérée de l'État", renchérit Maître Dubreuil. 

L'auteur de l'attaque, un ressortissant tunisien de 29 ans, avait été abattu après avoir tué les deux jeunes filles en criant "Allah Akbar". Identifié après l'attentat par les autorités tunisiennes, Ahmed Hanachi avait été interpellé à sept reprises depuis 2005 sous sept identités différentes.

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