« La Classe des coccinelles » : à Grigny, le tournage d'un documentaire sur les enfants autistes scolarisés

Du mercredi 7 au jeudi 15 février se déroulera la Grande Semaine des Coccinelles, un événement qui a pour objectif la sensibilisation à la différence. Elle débutera avec la diffusion en avant-première du documentaire « La Classe des coccinelles ». Un film tourné à Grigny et consacré aux enfants autistes en milieu scolaire.

 A l’occasion de l’ouverture en 2021 d’une unité d’enseignement maternelle autisme (UEMA) à Grigny, un film documentaire, signé Benjamin Laurent (production Studio Cortex Media) montre le travail fourni par les équipes autour des enfants autistes. Le film porte sur l’amélioration de la prise en charge précoce des enfants et l’inclusion scolaire en milieu ordinaire. Tourné en partenariat avec l’Education nationale dans une école de Grigny, le pôle scolaire Curie, le film aborde le quotidien de sept enfants âgées de 3 à 6 ans atteints de troubles autistiques. Intitulé “la classe des Coccinelles”, c’est un regard aussi sur l'accompagnement par les acteurs professionnels, familiaux et l’évolution des ressentis. Le film suit le travail des enseignants avec ces élèves, il montre comment chaque jour, parents, enseignants œuvrent pour permettre à ces enfants différents de prendre leur envol.  

 

Un plaidoyer pour vivre ensemble

Car « La classe des coccinelles » est une classe spécialisée au sein d’un établissement ordinaire. Le film s’attache à montrer également des interactions avec les autres enfants. « La classe des coccinelles » nous montre avec douceur, subtilité la vie telle qu’elle est dans cette classe. Benjamin Laurent, le réalisateur, est venu seul durant trois mois pour tourner, entre mai et juillet 2023. Il a choisi de mettre l’accent sur les ressemblances plutôt que les différences. « La classe des coccinelles est un plaidoyer pour le vivre ensemble et l’acceptation de cette différence", fait observer le cinéaste. "C’était un tournage particulier. J’ai été surpris de voir la facilité que j’ai eu à m’intégrer dans la classe. J’étais seul pour le tournage. La classe est petite. Si on vient à deux, un ingénieur son et moi par exemple, c’est trop. C'est beaucoup d’observation. Je me mets dans un coin et je déclenche la caméra. Certaines prises de vue ont nécessité d’attendre plus d’une heure. 

 

En tournage, on prend le risque de perturber la classe, les enfants, les professionnels. J’essaye de me faire le plus petit possible même si avec le matériel et mon gabarit, ce n’est pas simple. 

Benjamin Laurent, réalisateur

Aller plus loin dans le cursus scolaire

Sur la commune où se côtoient plusieurs classes inscrites dans divers dispositifs, la place des enfants différents est totale. A Grigny, ville de 10 000 habitants, le dispositif ULIS (en primaire et au collège, classe ouverte en 2015) jouxte  désormais le dispositif UEMA en maternelle. Le maire a demandé  l’ouverture d’une UEEA pour l’élémentaire. Et la ville pourrait bien ne pas s’arrêter là, en imaginant une trajectoire pour ces enfants aux besoins spécifiques sur toute leur scolarité.  Je pense qu’il faut les accompagner de la maternelle jusqu’au lycée, considère Xavier Odo, le maire de Grigny. L’éducation nationale craint parfois cette « filière ». L’égalitarisme de l’éducation nationale amène peut-être à dire qu’il ne faudrait pas qu’on crée une filière pour ne pas stigmatiser les enfants qui seraient dedans. Pour ma part, je ne le vois pas comme ça. Je me demande comment on étaye un enfant tout au long de sa scolarité et même peut-être après, mais déjà tout au long de sa scolarité. Est-ce que ça passe par une UEMA ? Puis une UEEA et puis peut être un jour une UELA (lycée) ?” 

 Pour l’élu, l’UEMA était une suite logique de ce qui avait été entamé avec le dispositif ULIS pour les enfants porteurs de troubles d’apprentissage. “ L’idée était de dire, comment on accompagne au mieux tous les enfants dans leur réussite scolaire. On a commencé par une classe ULIS et une fois mise en œuvre, on a eu cette question. Finalement, en termes d’autisme, beaucoup d’enfants ne sont pas du tout scolarisés. Comment peut-on offrir une porte d’entrée dans l’Éducation nationale aux enfants qui souffrent du spectre autistique ? C’est donc parti de cela, en se demandant « comment on continue d’accompagner ceux qui, jusqu’à maintenant, sont mis de côté ?”, est convaincu Xavier Odo.  

La classe des Coccinelles  », réalisé et produit par Benjamin Laurent, sera présenté à tous le mercredi 7 février à 20h au centre Édouard Brenot. Il sera suivi d’un temps d’échanges avec la participation des familles qui ont témoigné, de l’enseignante spécialisée, des professionnels du DITEP des Eaux Vives qui accompagnent le dispositif et du producteur-réalisateur Benjamin Laurent.