Lyon : après la mort d'un policier tué à Bron, les policiers se rassemblent et lui rendent hommage

A Lyon, plus d'une centaine de policiers se sont rassemblés en silence pendant un quart d'heure devant les bâtiments de la sûreté départementale dans le 8ème arrondissement où était affecté le policier.  / © FTV
A Lyon, plus d'une centaine de policiers se sont rassemblés en silence pendant un quart d'heure devant les bâtiments de la sûreté départementale dans le 8ème arrondissement où était affecté le policier.  / © FTV

Plusieurs syndicats de police appellaient à des rassemblements silencieux ce mardi 14 janvier, en mémoire du policier mort après avoir été percuté par un fourgon. A Lyon, plus d'une centaine de policiers étaient rassemblés en silence devant les bâtiments de la sûreté départementale.
 
 

Par N.MB (Avec AFP)

Des centaines de policiers ont observé mardi une minute de silence dans plusieurs villes en hommage à leur collègue mort la veille après avoir été percuté volontairement par un fourgon à Bron (Rhône). A Lyon, plus d'une centaine de policiers se sont rassemblés en silence pendant un quart d'heure devant les bâtiments de la sûreté départementale dans le 8ème arrondissement où était affecté le policier. A Grenoble, une quarantaine de personnes (policiers, agents administratifs....) ont fait de même devant l'Hôtel de police. Un nombre qui ne reflète pas l'émotion suscitée par cette mort, de nombreux effectifs étant mobilisés pour la manifestation contre la réforme des retraites au même moment dans le centre-ville.

Les syndicats Alliance et Unsa-police avaient appelé à ces rassemblements "silencieux" et "sans prise de parole".

"Policiers en deuil", "la police nationale est en deuil, faisons nous entendre par notre silence", est-il inscrit sur ces tracts qui mettent également l'accent sur la fermeté de la réponse pénale à l'égard des "tueurs de flic". 

"Cette spirale doit cesser : fin de l'impunité, tolérance zéro envers les "tueurs de flics", demande le syndicat Alliance. "Que la justice condamne fermement ces criminels, cela suffit", revendique l'Unsa-Police. Le parquet de Lyon a annoncé lundi la mort du policier de 45 ans, membre de la sûreté départementale du Rhône, hospitalisé après avoir été percuté par le véhicule dans la nuit de vendredi à samedi dernier.
Les faits ont été requalifiés "en homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé le parquet de Lyon dans un communiqué. Les investigations menées par la Direction inter régionale de la police judiciaire (DIPJ) de Lyon, notamment pour retrouver le conducteur du fourgon, se "poursuivent activement", a-t-on ajouté de même source.
 

L'hommage de Christophe Castaner à Franck Labois

Intervenant brièvement devant la presse à la Direction de la sûreté départementale, Christophe Castaner a exprimé aux collègues de la victime "le soutien du ministère de l'Intérieur et, au delà, celui des Français, touchés par le décès d'un homme engagé pour leur sécurité au quotidien". / © MAXPPP
Intervenant brièvement devant la presse à la Direction de la sûreté départementale, Christophe Castaner a exprimé aux collègues de la victime "le soutien du ministère de l'Intérieur et, au delà, celui des Français, touchés par le décès d'un homme engagé pour leur sécurité au quotidien". / © MAXPPP


Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a rendu hommage lundi soir à Lyon au policier percuté volontairement par un fourgon ce week-end et décédé quelques heures plus tôt  des suites de ses blessures.
Intervenant brièvement devant la presse à la Direction de la sûreté départementale, Christophe Castaner a exprimé aux collègues de la victime "le soutien du ministère de l'Intérieur et, au delà, celui des Français, touchés par le décès d'un homme engagé pour leur sécurité au quotidien".
Le policier décédé était "un exemple de joie de vivre, de bonne humeur et d'engagement", a-t-il ajouté avant d'aller rejoindre la famille de la victime.
Le ministre, accompagné notamment du préfet du Rhône, Pascal Mailhos, avait auparavant rencontré les collègues du fonctionnaire de police. Franck appartenait au Groupe d'appui opérationnel (GAO) à la Sûreté départementale du Rhône. Ce groupe intervient lors d'interpellations délicates et dangereuses.
 

C'est un homicide volontaire !

Vers 02h00 du matin dans la nuit de vendredi à samedi, Franck Labois était en intervention à Bron, dans la banlieue lyonnaise, pour interpeller des individus suspectés d'être impliqués dans une affaire de vols aggravés en bande organisée. Il avait alors été volontairement fauché par le conducteur d'un fourgon, l'un des deux véhicules ciblés par les policiers, et très grièvement blessé.  Les investigations se poursuivent activement pour en retrouver le conducteur.
Celui de l'autre véhicule a été interpellé et placé en garde à vue.

Le parquet de Lyon a indiqué lundi que les faits avaient été requalifiés après la mort du policier en "homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique".
 

Les policiers sont en colère

"La mort de Franck, notre collègue délibérément fauché par des malfrats qu'il tentait d'interpeller à Bron, est une horreur. La justice passera, certes, sans pour autant le rendre à sa famille. Cette violence banalisée contre les policiers est insupportable", avait réagi un peu plus tôt dans un tweet le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan.

Le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a, pour sa part adressé, ses "plus sincères condoléances" à la famille et aux collègues du policier. "J'espère que les auteurs de ce crime seront rapidement appréhendés", a-t-il ajouté sur Twitter.

Le syndicat Alternative Police a, de son côté, fait part dans un communiqué de sa "grande tristesse mais aussi (de sa) terrible colère". Les syndicats Alliance et Unsa-police ont également appelé à des rassemblements "silencieux" et "sans prise de parole" mardi devant les sites de la police nationale en réaction au décès de leur collègue.  

En 2018, 11 policiers sont décédés dans l'exercice de leurs fonctions, quatre lors d'opérations, sept pendant leurs heures de travail mais en dehors de missions opérationnelles, selon les derniers chiffres disponibles de l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ). Un bilan plus lourd qu'en 2017, où quatre fonctionnaires avaient perdu la vie.
 

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