Lyon. Une association saisit le Conseil d'Etat contre le projet d’élargissement de l’A46 Sud à 3 voies

Le projet remonte à 2015 : élargir l'autoroute A46 au sud de Lyon, pour la transformer en 2 fois 3 voies. Mais une Fédération d'associations environnementales veut saisir le Conseil d'Etat pour une meilleure concertation locale.
Une fédération d'associations environnementales va saisir le Conseil d'Etat pour une meilleure concertation dans le projet d'élargissement de l'A46 sud en 2 fois 3 voies. Photo d'archive.
Une fédération d'associations environnementales va saisir le Conseil d'Etat pour une meilleure concertation dans le projet d'élargissement de l'A46 sud en 2 fois 3 voies. Photo d'archive. © J Pachoud / AFP
La Fédération d'associations Fracture, qui regroupe plusieurs associations environnementales sur 28 communes du Sud-Est lyonnais, vient de saisir le Conseil d’Etat dans le dossier de l'autoroute A46 au sud de Lyon.

La "Fédération Régionale des Associations Contre le Train en zone Urbaine et pour le Respect de l’Environnement" veut faire annuler la décision qui vise à autoriser l’État et Vinci Autoroutes du Sud de la France (ASF) à lancer une concertation en vue de l’élargissement de l’A46-Sud à  2 fois 3 voies.

"Ce n'est pas acceptable"

Fracture met en avant le fait que "le contexte a beaucoup changé, puisque l’Anneau des sciences ainsi que le projet A45 ont été abandonnés, et que le déclassement de l’A6/A7 a été mis en chantier sans avoir de projet(s) alternatif(s) en face pour absorber ou supprimer le trafic de transit actuellement dans Lyon. Dès lors, la 3ème voie de l’A46-Sud deviendrait le seul exutoire que l’État prescrive, et ce n'est pas acceptable."

La Fédération demande "un débat public à la bonne échelle, c’est-à-dire qui intègre tous ces abandons de projets."

Selon les responsables de la structure, "le site internet ASF Vinci de présentation de la consultation publique A46-Sud annonce d’entrée de jeu qu’aucune alternative ne sera étudiée, or ceci est en parfaite contradiction avec le code des transports et le code de l’environnement. Une telle concertation ne va pas dans le bon sens pour diminuer efficacement et durablement la pollution dans le Sud-Est lyonnais alors que ce secteur est déjà trop fortement impacté et qu’il devrait, au contraire, être protégé car soumis au Plan de Protection de l’Atmosphère."

Le Conseil d’Etat avait déjà été saisi il y a deux ans pour demander au gouvernement une amélioration de la qualité de l’air "rapide et efficace". L’injonction du Conseil d’Etat avait été prononcée.

Un projet de 250 millions d’euros

L'autoroute A46 relie Anse à Chasse-sur-Rhône et contourne Lyon par l'est, entre le noeud de Ternay et le noeud de Manissieux. Elle constitue donc le deuxième contournement est de Lyon avec le Boulevard périphérique et l'A432.

Selon Vinci Autoroutes, dans son dossier d'information au public disponible en ligne, "cette infrastructure permet une irrigation locale du sud-est de Lyon, mais aussi le passage des grands itinéraires de transit nationaux et internationaux reliant le nord-est de la France et de l’Europe, à la vallée du Rhône, et plus loin la péninsule ibérique et l’Italie. L’A46 Sud supporte un trafic très important, et est fortement congestionnée aux heures de pointe quotidiennes et lors des grands épisodes estivaux. Cette situation dégrade la qualité des conditions de déplacement offertes aux usagers, ainsi que les capacités d’intervention pour les services d’exploitation et de secours."

Pour les porteurs du projet, "les difficultés de circulation sur l’A46 Sud (risquent) de s’aggraver, pouvant de plus engendrer un report d’une partie des usagers vers les voies secondaires non prévues à cet effet."

Le projet d'élargissement de cette autoroute remonte à 2015, avec un coût estimé à moins de 250 millions d’euros. Si la saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) est obligatoire pour les projets d’un montant estimé supérieur à 300 millions d’euros (article L.121-8 II du Code de l’environnement), elle est facultative pour les projets compris entre 150 et 300 millions d'euros. ASF a saisi fin juin 2020 la Commission nationale de débat public (CNDP) pour ce projet. Celle-ci a décidé l’organisation d’une concertation préalable avec trois garants nommés le 2 septembre 2020. Ils seront notamment chargés de définir les modalités de la concertation.
 
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