Lyon : l'école de dessin Emile Cohl conteste avoir pratiqué le “blackwashing” pour séduire les étudiants américains

Rue89Lyon, qui a découvert la supercherie, a mis en évidence les visages assombris ou remplacés.
Rue89Lyon, qui a découvert la supercherie, a mis en évidence les visages assombris ou remplacés.

L'affaire a été révélée par Rue89Lyon. Cette école lyonnaise réputée, qui veut ouvrir une filiale à Los Angeles, a ouvert un site internet américain. Sur une photo, des élèves de l'établissement ont été retouchés pour paraître noirs. Une initiative de l'agence de communication US, selon l'école.

Par Sandra Méallier

La direction de l'Ecole Emile Cohl conteste être à l'origine d'une opération de "blackwashing" (à l'image du "greenwashing", technique de communication des entreprises ou institutions qui prétendent protéger l'environnement, le "blackwashing" consiste à donner l'illusion d'une ouverture à la diversité).

Elle explique que l'idée de modifier sur la photo de la promo 2018, en  fonçant la peau de certains étudiants et en remplaçant la tête d'autres pour les faire apparaître comme des personnes de couleur, ne vient pas d'elle. Il s'agirait d'une initiative de l'agence de communication à qui elle a confié la conception d'un site internet destiné aux Etats-Unis. L'accès au site a d'ailleurs été suspendu et le prestataire remercié.

"Nous avons (...) présenté nos excuses aux personnes concernées, car il va de soi que nous désapprouvons ce procédé", ajoute l'école, sur la page d'accueil de son site français. Antoine Rivière, le directeur d'Emile Cohl, reconnaît un manque de vigilance  : "jamais nous n'avons été consultés avant cette manipulation et elle nous a ensuite échappée".
 

Une école ouverte à tous


Le responsable craint que cette affaire porte préjudice au projet d'ouverture, en septembre 2019, d'une antenne américaine de l'école. Reconnu sur le plan mondial, Emile Cohl souhaite s'implanter à Los Angeles, au plus proche de l'industrie du film d'animation, du jeu vidéo et de l'illustration. C'est dans ce cadre qu'elle a voulu mettre en ligne une vitrine américaine de son projet.

La future antenne se veut gratuite, et pour y parvenir, l'école et ses partenaires (entreprises du secteur de l'animation) sont à la recherche de sponsors sur place. Le site internet devait séduire des donateurs tout autant que des futurs étudiants. Pour Antoine Rivière, il s'agissait de proposer un cursus ouvert à tous là où les formations américaines sont hors de prix.
 


Cette ouverture à la diversité n'était-elle pas suffisamment illustrée par la photo de classe des 5 année, au goût d'une agence de communication américaine ?... Le trucage du cliché (voir ci-dessous les images avant/après), repris sur les réseaux sociaux, déchaîne les réactions.  

Sur le même sujet

Interview Mathieu Dechavanne, PDG de la Compagnie du Mont-Blanc.

Les + Lus