Lyon : entre 3300 et 5000 manifestants dans la rue pour soutenir la fonction publique

Place Bellecour manifestation pour la fonction publique à Lyon le 09 mai 2019 / © B.Bourgeot
Place Bellecour manifestation pour la fonction publique à Lyon le 09 mai 2019 / © B.Bourgeot

La fonction publique est appelée à un mouvement de grève ce jeudi 9 mai 2019 contre la réforme qui sera examinée la semaine prochaine à l'Assemblée nationale. 

Par Alexandra Marie

Entre 3300 (police) et 5000 personnes (organisateurs) ont défilé dans les rues de Lyon pour défendre la fonction publique. Une mobilisation intersyndicale au départ de la place Bellecour en direction de la Préfecture du Rhône. 

La principale revendication des 9 syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) : le report voire l'annulation de la réforme de la fonction publique, présentée par le gouvernement fin mars et qui sera examinée à partir du 13 mai à l'Assemblée nationale. Ce texte entend réformer la rémunération, les carrières et le mode de recrutement des agents publics.

Parmi les manifestants que nos journalistes ont rencontré, on trouvait des agents des impôts pour qui la réforme de leur statut poserait problème en terme d'indépendance. (suite du texte après la vidéo)
 
9 mai 2019 les agents des impôts manifestent pour le statut de fonctionnaire d'Etat
Le 9 mai 2019, dans toutes les grandes villes de la région, des rassemblements ont eu lieu , comme à Lyon où ils étaient entre 3300 et 5000 manifestants, selon les sources, sont descendus dans la rue. Parmi eux notamment des agents des finances publics. Reportage Sophie Valsecchi, Benjamin Métral et Alain Jourdan de France 3 Rhône-Alpes.


Des personnels de l'éducation nationale ont attiré l'attention sur le manque d'effectifs et décrivent des conditions inégales d'accès à l'enseignement. 

Parmi les secteurs les plus mobilisés, les professionnels de santé qui alertent sur les risques encourus par les patients faute de moyens adaptés et notamment la prise en charge dans les services de psychiatrie. 
 




 

Progression du nombre d'agents publics en AuRA entre 2011 et 2016 selon l'INSEE

Entre fin 2011 et fin 2016 selon l'Insee (étude d'avril 2019 à retrouver ici), les effectifs de la fonction publique en Auvergne-Rhône-Alpes progressent plus qu’ailleurs en France, en particulier du fait des militaires.

Fin 2016, on comptait 632 000 agents publics dans notre région, dont 70 % ont le statut de fonctionnaire (le reste étant des contractuels). Soit une augmentation entre 2011 et 2016 de 4,6%. Pourtant, avec 80 agents publics pour 1 000 habitants, Auvergne-Rhône-Alpes est ainsi une région "relativement peu administrée", selon l'Insee.

La hausse observée est due, pour moitié, à la hausse des effectifs militaires. Le nombre de gendarmes s'est, en effet, accru de près de 14 % dans notre région, notamment après la mise en place des plans de lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine annoncée en 2015.

Dans les établissements scolaires les emplois augmentent aussi fortement, suite aux annonces gouvernementales du quinquennat Hollande de la création de 60 000 postes dans l’éducation sur la durée .

Ainsi, dans la région, le personnel enseignant augmente de 2 700 agents en 5 ans (+ 2,6 %). Néanmoins, ce sont les postes dédiés à l’assistance éducative, regroupant l’aide aux élèves handicapés (auxiliaires de vie scolaire et accompagnants des élèves en situation de handicap), l’appui au personnel administratif et la vie scolaire, qui ont le plus augmenté (+ 6 900).

Dans la fonction publique hospitalière, les effectifs augmentent de 6 200 agents sur 5 ans (+ 4,5 %). Auvergne Rhône-Alpes est une des régions où l’emploi dans ce domaine s'accroit le plus, derrière la Corse et Centre Val de Loire. Les hôpitaux publics, qui rassemblent le plus gros volume d’emploi dans ce secteur (87 %), accueillent 4 600 agents supplémentaires, soit une hausse de 3,8 %.

Sur la période, l'Institut national de la statistique relève que le solde positif entre les entrants (61 400 nouveaux agents) et les sortants (56 600 départs) généère un taux de turn-over de près de 10% chaque année, "parmi les plus élevés des régions françaises".
 

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