Lyon : inauguration d'une esplanade Denise Vernay-Jacob, résistante et soeur de Simone Veil

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a inauguré officiellement la nouvelle place ce mardi 25 mai 2021. Un hommage que la Ville de Lyon rend à Denise Vernay-Jacob, dite Miarka, qui fut agent de liaison dans la "capitale de la résistance" en 1943. Et à travers elle, à toutes ces femmes restées anonymes 

Denise Jacob, avec son cousin André Weismann, avant la guerre et son engagement dans la Résistance à Lyon. Elle sera déportée à Ravensbruck et lui fusillé en 1945.
Denise Jacob, avec son cousin André Weismann, avant la guerre et son engagement dans la Résistance à Lyon. Elle sera déportée à Ravensbruck et lui fusillé en 1945. © Photo : collection privée. Droits réservés

L'Esplanade, toute arborée, située rue Moncey dans le 3e arrondissement de Lyon, porte désormais officiellement le nom de Denise Vernay-Jacob. 

A deux pas de là, avenue de Saxe, se trouvait une des adresses, régulièrement visitée par Denise : une entreprise de déménagement qui servait au mouvement Franc-Tireur, le réseau de Denise. Tout un symbole! L'histoire prend parfois des raccourcis géographiques.

L'Histoire de Denise Jacob, l'une des soeurs ainées de Simone Veil, est celle d'une jeune-fille de 19 ans, qui décide de quitter sa famille à Nice et d'entrer en résistance. A l'automne 1943, celle qui est éclaireuse chez les scouts, et pour qui les mots de liberté et de patrie ont un sens, entre en clandestinité dans le mouvement Franc-Tireur à Lyon.Et cela quelques mois après le démantèlement de plusieurs réseaux et de nombreuses arrestations dont celle de Jean Moulin. 

Une résistance humble

Pendant plus d'un an elle va sillonner les rues de la ville et alentours avec sa bicyclette. "Une résistance humble", commente Antoine De Meaux, auteur de "Miarka (éditions Phébus), qui souligne "l'extrême solitude de cette toute jeune-fille, séparée de sa famille, qui pouvait parfois assurer une vingtaine de rendez-vous clandestins dans une même journée, sans même pouvoir échanger avec ses interlocuteurs."

Miarka, son nom de totem chez les éclaireuses, qu'elle adopte dans la résistance, sera finalement arrêtée, torturée et déportée à Ravensbruck dont elle reviendra. Après la guerre, elle continuera son engagement notamment auprès des jeunes dans le concours de la Résistance. En toute discrétion, presque dans l'ombre, préférant laisser la lumière à sa jeune soeur Simone Veil et en mémoire de leurs parents et de leur frère Jean, assassinés par les nazis.

Nous avions raconté son histoire, mal-connue dans un reportage diffusé le 8 mars 2021 sur France 3 Rhône-Alpes.

durée de la vidéo: 03 min 30
Une esplanade de Lyon porte le nom de Denise Vernay-Jacob résistante et soeur de Simone Veil

 

Inlassable travail de transmission

En fin d'après-midi, maire et élus de la ville de Lyon se sont retrouvés avec le fils cadet et les petits enfants de Denise pour dévoiler la plaque à son nom. Un rassemblement très simple avec les enfants du collège Raoul Dufy. Dans son discours, Grégory Doucet a rappelé la personnalité hors du commun de Miarka que sa ville de Résistance a voulu honorer, 67 ans après et son insatiable travail de transmission.

Cette cérémonie ne vise pas seulement à manifester notre admiration et à nous souvenir de la force intérieure qu'elle sut mobiliser au service de cette grande cause. Mais aussi à prendre la mesure de ce qu'elle nous lègue d'impalpable. De la leçon que la trame de son existence offre à notre conscience collective. De la puissance de ce que la beauté et la pureté de son combat discret, humble et efficace permet l'identification positive pour les générations qui suivent. Et pour notre ville.

Grégory Doucet, maire de Lyon

Le maire de Lyon, Grégory Doucet et la famille de Denise Vernay-Jacob sous la plaque qui porte désormais son nom inaugurée le 25 mai 2021
Le maire de Lyon, Grégory Doucet et la famille de Denise Vernay-Jacob sous la plaque qui porte désormais son nom inaugurée le 25 mai 2021 © Myriam Figureau/France 3 Rhône-Alpes

 

 

Denise Vernay-Jacob est décédée en 2013 à l'âge de 89 ans. Après Paris, Lyon, en inscrivant son nom sur une plaque de rue, veut se souvenir qu'il y eut des hommes et aussi des femmes pour se battre pour la liberté. 

 

 

 

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