Lyon : polémique après une vidéo artistique montrant des poulets brûlés vifs

La video choc, intitulée "Printemps", est présentée au Musée d'Art Contemporain de Lyon, dans le cadre de l'exposition de l'artiste Adel Abdessemed, lancée le 8 mars dernier. / © Capture
La video choc, intitulée "Printemps", est présentée au Musée d'Art Contemporain de Lyon, dans le cadre de l'exposition de l'artiste Adel Abdessemed, lancée le 8 mars dernier. / © Capture

Une vidéo projetée au Musée d'Art Contemporain de Lyon montre des poulets brûlés vifs. Même si l'artiste a usé de trucages, l'œuvre reste largement controversée.

Par Mathieu Boudet

Une dizaine de poulets vivants, suspendus à l'envers par des crochets contre un mur, qui se débattent dans les flammes. C'est une vidéo choc présentée au Musée d'Art Contemporain de Lyon, dans le cadre de l'exposition de l'artiste Adel Abdessemed, lancée le 8 mars dernier.


Tollé


Le samedi 10 mars, un message sur le réseau social Twitter s'indigne de cette projection de souffrance animale. Le message est relayé près de 25 000 fois, et des milliers d'internautes et d'acteurs de la cause animale tels que les fondations Bardot ou Peta réagissent à leur tour, même si l'artiste indique avoir utilisé un trucage pour simuler les flammes.


"Éviter toute souffrance"



L'œuvre est intitulée "Printemps". Elle a justement pour vocation de dénoncer, entre autre, la souffrance animale. L'artiste plasticien Adel Abdessemed, dont les œuvres sont régulièrement exposées à l'international, a réalisé cette performance au Maroc, "avec une équipe de techniciens créateurs d'effets spéciaux pour le cinéma", indique le MAC de Lyon.

L'équipe affirme par ailleurs que les animaux "n’ont été soumis à cet effet de flammes que pendant 3 secondes et sous le contrôle strict des techniciens et de l’artiste pour éviter toute souffrance". Adel Abdessemed a d’ailleurs auparavant utilisé le procédé sur lui-même pour son œuvre "Je suis innocent" qui le montre en flammes.

La question de la souffrance de ces animaux, pendus à l'envers et se débattant, pour une œuvre d'art, reste néanmoins posée, notamment par le célèbre chroniqueur Aymeric Caron.




La réponse de l'artiste



L’œuvre « Printemps » se veut "une allégorie de toutes les violences". A nos confrères du Figaro, l'artiste explique : "on m'accuse parfois d'être violent et sanguinaire car je montre et je dénonce cette violence qui est autour de nous, mais personne n'a eu le courage de voir mon travail de près ou d'écouter ma pensée. Je suis un ardent défenseur de la cause animale et j'en dénonce la souffrance que nous lui faisons subir comme à l'homme !"

Reste alors une question éthique : faut-il faire souffrir des animaux pour dénoncer... La souffrance animale ?



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Reportage de Marion Feutry, Yves-Marie Glo, Virgine Muamba

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