Lyon, première ville de France à proposer un congé paternité de 10 semaines

Un vote historique, jeudi 21 décembre, au Conseil municipal de Lyon : le congé paternité - ou 2ème parent - a été porté à 10 semaines pour les agents de la Ville. Une durée alignée sur celle du congé maternité afin de favoriser l'égalité homme/femme et le partage des tâches entre parents.

"Je suis très fier d'être à la tête d'une collectivité capable de proposer de telles avancées en matière d'égalité femmes/hommes", c'est sur ces mots que Grégory Doucet, maire EELV de Lyon, a conclu le vote de cette nouvelle mesure. Les fonctionnaires de la ville bénéficieront, à partir du 1er janvier 2024, de 10 semaines de congé paternité au lieu des 28 jours que prévoit la loi.

Lyon compte 8000 agents dont un tiers d'hommes ; si la majorité leur accorde un droit étendu, c'est avant tout pour améliorer le sort des femmes. "À l'arrivée d'un enfant dans un couple ou au sein d'une famille, on sait que beaucoup de choses - et notamment le partage des tâches domestiques - vont se jouer", explique Laurent Bosetti, adjoint chargé des Services publics. "Et puis, bien sûr, c'est un moment privilégié où se noue la relation entre les parents et le nouveau-né".

À quel prix ?

La proposition a été votée à l'unanimité, mais l'opposition de droite a préféré s'abstenir. Son leader, le maire LR du 2ème arrondissement, a concédé qu'il s'agissait d'une "bonne idée, car tout nouvel acquis social est intéressant". Pierre Oliver s'est tout de même inquiété que financement de la mesure et le montant de l'enveloppe ne soient pas suffisamment clairs : "Quand on sait que l'année dernière, la Ville de Lyon a augmenté les impôts, on aurait préféré que ce soit par des économies sur d'autres subventions que soit financé ce type d'opération".

Un aspect sur lequel l'adjoint aux Services publics se veut rassurant. Selon lui, le coût sera sans impact car "absorbé par les enveloppes de remplacement de la collectivité qui sont suffisamment proportionnées". À noter qu'en 2022, 80 agents municipaux ont pris un congé paternité, soit 1% des effectifs.

Des avancées pour l'égalité femmes/hommes

Au cours du même Conseil, deux autres délibérations ont été adoptées en faveur des droits des femmes : un congé menstruel (dans les cas de règles douloureuses) de deux jours ouvrés par mois, et un congé lié à une interruption de grossesse (médicale, volontaire ou naturelle) de deux jours ouvrés.

En ce domaine, la ville avait été devancée pas la Métropole de Lyon. Depuis le 1er octobre, parmi ses agents, les personnes menstruées peuvent poser deux jours de congé ou de télétravail pour circonstances exceptionnelles en cas de règles douloureuses ou d’endométriose. De même, en cas de fausse couche, un congé de deux jours est accordé à l'agent qui vit cette épreuve ou à l'agent qui est son ou sa partenaire.