Lyon : Quelques dates repères pour comprendre le procès de Mgr Barbarin

Mgr Barbarin est cité à comparaître les 7, 8 et 9 janvier devant le tribunal correctionnel de Lyon avec cinq autres anciens responsables du diocèse pour "non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs". Une procédure de citation directe engagée par les victimes du père Preynat.       

Mgr Barbarin devant la justice des hommes. Le cardinal et cinq membres de son ancien entourage, dont certains devenus entre-temps évêques de France, sont cités à comparaître les 7, 8 et 9 janvier prochains devant le tribunal correctionnel de Lyon. Ils doivent y répondre de "non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité".

Ces hommes et femmes d'Eglise ont-il tenues secrètes les accusations des victimes du Père Preynat ? Neuf anciens scouts, à l'origine de cette procédure de citation directe, dénoncent un silence institutionnel. 
    

"Briser l'omerta" 


Pour comprendre ce procès, il faut revenir sur les faits de pédophilie reprochés au Père Preynat, ancien curé de la paroisse de Sainte-Foy-lès-Lyon. Le scandale éclate en 2015 après l'ébruitement de l' affaire qui remonte aux années 1980/90. Le prêtre est accusé de très nombreuses agressions sexuelles sur mineurs à l'occasion de camps scouts. 

     Mai 2015. Les premières plaintes sont déposées. Certaines victimes souhaitent garder l'anonymat mais d'autres se regroupent au sein d'une association "La parole libérée". Elles médiatisent l'affaire en janvier 2016 et disent leur intention d'aller en justice. Elles visent l'Eglise et ses dysfonctionnements. Leur objectif : "Briser l'omerta". 


Débat sur la prescription 


L'association de victimes "La Parole Libérée" a recensé plus de 70 victimes présumées du père Preynat, pour lesquelles les faits sont prescrits dans la majorité des cas. Le prêtre est mis en examen. En garde à vue, il affirme que ses supérieurs connaissaient ses penchants. 

Eclaboussé par cette affaire de pédophilie, Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, est entendu à son tour. Il est soupçonné de n'avoir pas dénoncé à la justice ces agressions sexuelles alors qu'il en était informé depuis longtemps.   

Dans un entretien à la Croix le 10 févier 2016, le cardinal Barbarin dit avoir été mis au courant "des comportements du prêtre vers 2007-2008". Il ne rencontrera formellement une victime qu'en novembre 2014. Il adresse aussitôt un courrier officiel à Rome pour faire part de ses révélations.

     26 janvier 2015 : Le Vatican répond à Mgr Barbarin qu'il doit écarter le prêtre de sa paroisse. En faisant en sorte d'éviter "un scandale public". Mgr Barbarin attend donc le 31 août 2015 pour appliquer la décision. 

     Août 2016:  L'enquête pour non-dénonciation d'agressions sexuelles ouverte par le parquet de Lyon est classée sans suite. Le procureur considère  que les faits sont prescrits .Le délai de prescription est de 3 ans. La Parole Libérée n'est pas de cet avis.  

Après plusieurs épisodes judiciaires et reports d'audience, le cardinal Barbarin sera finalement cité à comparaître ainsi que 6 autres prévenus, dont son ancien directeur de cabinet Pierre Durieux ou encore l'évêque de Nevers, Thierry Brac de la Perrière. La peine encourue est de 3 ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.   


 Le récit de Yaëlle Marie (Montage:Isabelle Murat):