A Lyon, la santé mentale des étudiants sous surveillance pendant la crise de la Covid19

En perte de repère et d'actvités, les étudiants sont directement impactés par les effets négatifs du confinement. A Lyon, une enquête lancée par la chef de service de santé du campus de la Doua évoque des thèmes inquiétants : dépression, panique, suicide... Pour les médecins, il faut vite réagir

Service de santé étudiante sur le campus de la Doua à Lyon
Service de santé étudiante sur le campus de la Doua à Lyon © Valérie Benais
Le campus de la Doua, à Lyon, est désert en ce moment. Confinés, les étudiants sont privés de cours, d'activité sportives. Déjà fragilisés par le premier confinement, beaucoup sont encore plus déboussolés, angoissés. 
Dégradation de la santé mentale des étudiants lyonnais

Un mal-être que certains confient aux médecins, aux psychologues du service de santé universitaire... Au coeur de leurs maux, l'isolement social. Pour évaluer la détresse psychologique des étudiants, Caroline Combes, chef de service a lancé une grande enquête . En quelques jours, 2200 réponses. Une vague de réactions, le constat inquiétant des difficultés d'une jeunesse confinée. Dépression, panique, suicide... de cette enquête, ressortent des mots trés alarmants. Pour les médecins, il y a urgence à mieux accompagner les étudiants pour ne pas les laisser seuls face à leur difficultés. 

D'autres étudiants en renfort

Le jeudi 12 novembre, Le Premier ministre Jean Castex avait annoncé que près de 1.600 étudiants seraient recrutés, de novembre à janvier, pour accompagner dans les universités "les étudiants de première année" et les étudiants "les plus en difficulté".
"Nous sommes attentifs à la situation d'isolement des plus jeunes et en partiedes étudiants dont les établissements n'assument plus leurs enseignement qu'à distance", a dit le Premier ministre, précisant que dans les prochains jours chacune des 800 cités universitaires disposeraient de deux référents étudiants pour "renforcer le travail des Crous".

Depuis la rentrée, les demandes de prises en charge affluent

"Le système est déjà englué en temps normal, mais en ce moment c'est carrément saturé", alerte Dominique Montchablon, psychiatre, cheffe de service de la Fondation santé des étudiants de France.
Selon elle, la distanciation physique et le télé-enseignement ont entamé un facteur de résilience essentiel à cette classe d'âge: l'"identité de groupe". "La population étudiante est actuellement confrontée à un cumul de facteurs de stress", poursuit-elle: "des inquiétudes pour leur santé ou celles de leur proches, des tensions familiales quand ils ont dû retourner vivre chez leurs parents, un sentiment de solitude quand, à l'inverse, ils se sont confinés seuls. Le tout à ajouter aux angoisses pour leurs études et leur avenir..."

Des étudiants encore plus éprouvés par la seconde vague

Pendant le premier confinement, près d'un étudiant sur trois (31%) a présenté des signes de détresse psychologique, selon une récente étude de l'Observatoire de la vie étudiante (OVE). Les étudiants étrangers et en difficulté financière sont apparus particulièrement fragiles. "La situation sanitaire couplée à une désocialisation et un décrochage avec les études ont fait émerger des symptômes anxieux, observe Emmanuel Weiss, médecin chef d'un bureau d'aide psychologique universitaire (Bapu) à Paris.  Depuis septembre, le nombre d'appels et de demandes de prise en charge a été multiplié par deux", ajoute-t-il. 

"Les étudiants font partie des populations très éprouvées par le premier confinement et ils le sont de nouveau avec le deuxième", affirme Nicolas Franck, psychiatre au centre Le Vinatier (à Lyon) et auteur de  "Covid-19 et détresse psychologique - 2020, l'odyssée du confinement" (Odile Jacob).  "Ils vivent souvent seuls, dans de petites surfaces, sont privés de liens amicaux
et parfois en grande précarité
", relève-t-il.
  

 
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