Lyon : les sarcophages passés aux rayons X pour percer les secrets des momies

Une trentaine de momies va être radiographiée pour faire avancer la recherche en égyptologie. / © Musée des Confluences
Une trentaine de momies va être radiographiée pour faire avancer la recherche en égyptologie. / © Musée des Confluences

L'imagerie médicale se met au service de la recherche en égyptologie. Le projet Helycom est mené actuellement dans les réserves du musée des Confluences à Lyon. Le but : percer les mystères des sarcophages et des techniques de momification, en respectant les dépouilles.

Par Jeanne Travers

Allier imagerie médicale et recherche en égyptologie, l'idée est loin d'être nouvelle : "La radio a été inventée par le Dr. Roentgen en 1895. Dès l'année suivante, cette technique était appliquée pour l'étude d'une première momie d'enfant", souligne Dr. Annie Perraud. Elle est la coordinatrice du projet Helycom (pour Human Egyptian LYon COnfluences Mummies).

Ce qui est nouveau, c'est la méthode employée : cette fois, c'est la radio qui vient à la momie, et non l'inverse. Pour ce faire, un appareil de radiographie mobile a été installé provisoirement dans les réserves du musée des Confluences, à Lyon.

Les momies dévoilent leurs secrets grâce à la radio au musée des Confluences


Au total, 29 sarcophages vont être passés au crible. Une expérience qui permettra d'élargir les connaissances autour des techniques de momification :

On va pouvoir voir le corps lui-même, tout le squelette, déterminer si le défunt est une femme ou un homme, la tranche d'âge au moment du décès..." énumère Dr. Perraud.


Sur le plan médical, la radio permettra également à Roger Lichtenberg, radiologue, de déterminer "quelles maladies apparaissent sur le corps, de faire un diagnostic post-mortem". "Je suis comme un médecin légiste !", s'exclame M. Lichtenberg.

Une méthode non invasive pour respecter les momies

Le gros avantage de cette méthode : elle est non invasive. "Au musée des Confluences, il y a toute une série de momies très bien conservées avec une très grosse épaisseur de bandelettes et de parures de cartonnage", indique Dr. Perraud. "Il est absolument hors de question d'ouvrir ces enveloppements, au risque de détruire irrémédiablement la momie".

L'étude devrait se poursuivre jusqu'à octobre 2019. Les momies n'ont pas fini de nous dévoiler leurs secrets.

► Revoir le reportage de Claire Cherry-Pellat et Jean-Christophe Adde :

► Annie Perraud était l'invitée du 12/13 de France 3 Rhône-Alpes mercredi 17 janvier. Regardez son intervention :


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