"Magique" : une exposition ensorcelante et envoûtante au Musée des Confluences de Lyon

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Écrit par D.Mazzola (avec Y.Marie et M.Redortier)

Superstition, magie ou sorcellerie, le Musée des Confluences de Lyon embarque les visiteurs jusqu'en mars 2023 pour un voyage initiatique au cœur des origines de nos croyances. Pour en apprendre plus sur les rites d'hier et d'aujourd'hui.

"La magie, on la retrouve partout dans le monde et à toutes les époques. Depuis les temps les plus anciens, jusqu'à nos jours", explique Carole Millon, en charge de l'exposition "Magique" qui offre un vaste panorama des pratiques magiques. Des sorcières de contes de fées aux trucs des prestidigitateurs, le musée des Confluences plonge dans un univers magique. Environ 400 objets sont présentés, certains redécouverts récemment. 

Cette exposition temporaire décortique les pratiques magiques, des guérisseuses des campagnes aux rituels des chamans. Pour Hélène Lafont-Couturier, Directrice générale du Musée des Confluences, cette exposition s'imposait : "le rôle d'un musée c'est aussi d'expliquer, d'aider à comprendre." L'idée était de réaliser une  exposition "séduisante et envoûtante" mais aussi "apaisante". "On a associé dans le comité scientifique un magicien". Une collaboration pour amplifier "le côté illusion et émerveillement pour le visiteur".

La magie, "universelle et intemporelle"

"La magie, c'est un univers très vaste. Elle recouvre des significations très différentes", résume la commissaire de l'exposition. "Dans le mot magie, on a des imaginaires différents. Pour certains, ça peut être la prestidigitation. Pour d'autres, la magie des contes de fées, popularisée ces derniers temps avec Harry Potter ... il y a aussi une magie des signes, de la guérison."  


"Les premières traces écrites remontent à l'antiquité égyptienne. La magie était très ancrée dans la vie quotidienne : elle sert à guérir, à souhaiter le bien, le mal. C'est quelque chose de très pragmatique. Elle est aussi liée à la médecine. On utilise des plantes, on a des croyances dans les minéraux", explique Carole Millon, chargée des expositions. Au Moyen-Age, la sorcellerie prend ses racines dans la nature, amanite toxiques ou mandragore guérisseuse. La magie utilisait les vertus des plantes.

Les pratiques magiques sont généralement liées à des intentions, partout dans le monde : "on cherche à améliorer le rendement agricole, on cherche à avoir de bonnes chasses, on cherche à se protéger des maladies ... et parfois, il y a des aspects, plus sombres : on cherche à jeter un sort", d'après Carole Millon. Un dernier aspect davantage lié à la sorcellerie mais qui fait aussi partie de la magie.

"L'envoûté" ou la redécouverte d'une curieuse statuette auvergnate

L'exposition présente notamment une statuette, révélatrice de cette dernière intention. Une petite pièce redécouverte récemment en Auvergne. La statuette dite de "l'envoûté", trouvée dans les années 80 par des particuliers qui rénovaient une grange. Ils l'ont découverte sous un plancher. Elle doit dater du milieu du 19e siècle. "C'est un personnage, probablement un militaire, planté de clous à des endroits bien spécifiques : le cœur, les yeux, le sexe", raconte la chargée des expositions. "Associée à cette statuette se trouvait un portrait d'un homme, d'un militaire. On avait jeté un sort à cette personne".

Et les pratiques magiques aujourd'hui ? 

Au XXIe siècle, la magie n'a pas disparu : "on la trouve sous diverses formes, plus sociales. On observe par exemple un retour des sorcières, de la figure de la sorcière, dans nos sociétés occidentales. On a aussi des courants comme le néo-chamanisme qui sont extrêmement présents. Et la magie est aussi dans notre quotidien : on a tous un petit objet, un peu porte-bonheur, qu'on garde et qui a une efficacité symbolique. L'avoir près de nous donne le sentiment qu'il nous protège. Ce sont des petites traces de magie qui restent dans nos vie quotidienne", précise Carole Millon.

Et la magie est tellement intemporelle que le cinéma raffole toujours de magie et de sorcellerie. La preuve avec l'engouement déclenché par le petit sorcier de Poudlard. 

Lyon, aux sources du spiritisme

Invoquer les défunts, c'est presque une spécialité régionale. L'exposition fait aussi un petit clin d'œil à la ville de Lyon à travers le personnage d'Allan Kardec. Au milieu du 19e siècle, il a été le théoricien du "spiritisme" basé sur le souhait de communiquer avec les morts. "Il va créer une philosophie qui va avoir un grand succès et s'exporter dans le monde, notamment au Brésil. Dans ce pays, Allan Kardec est une figure encore très populaire de nos jours", explique Carole Millon. Kardec a notamment crée La Revue spirite.

Contre les mauvais présages, pourquoi ne pas glisser votre souhait dans l'arbre à vœux ? C'est la touche magique finale de l'exposition : les visiteurs ont la possibilité de faire un vœu en quittant l'exposition "à travers un ruban qu'on attache à un arbre et j'invite les visiteurs à le faire... " conclut la responsable du musée des Confluences.

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"Magique", une exposition envoûtante au Musée des Confluences à Lyon ©France tv