Une marche blanche le 11 octobre à Corbas près de Lyon après la mort d'un détenu de 22 ans

Idir Mederess, 22 ans, est décédé en cellule le 9 septembre 2020. L'enquête a conclu à un suicide. Sa mère a porté plainte contre le centre pénitentiaire et tente, avec plusieurs autres familles d'alerter sur les conditions de détention des détenus français. 
Depuis janvier 2020 la prison de Corbas déplore deu suicide de détenus
Depuis janvier 2020 la prison de Corbas déplore deu suicide de détenus © PHOTOPQR/LE PROGRES/MAXPPP
Une marche blanche est organisée le 11 octobre 2020 par la famille d'Idir Mederess, décédé le 9 septembre au centre pénitentiaire de Corbas. 
Le collectif Idir Solidarités composé de proches, et d'autres familles de détenus morts en prison appelle à une prise de conscience sur les conditions de détention des prisonniers dans les centres pénitentiaires français. 
 
La marche partira à 14h30 du marché de gros de Corbas pour rejoindre la maison d'arrêt où une minute de silence sera observée. Les organisateurs souhaitent ainsi rendre hommage à Idir et dénoncer 82 suicides en prison depuis janvier 2020 en France (source Observatoire International des Prisons) 

La mère du détenu dénonce une maltraitance banalisée 

"Ça  se passe très mal dans les prisons" s'offusque Najet Kouaki la mère d'Idir Mederess, retrouvé mort le 9 septembre à la maison d'arrêt de Corbas. 
"C'est vrai, ils ont fait des bêtises et c'est difficile pour tout le monde en prison, mais au niveau médical ils sont abandonnés. Il y a un réel manque de soins et pour moi c'est de la maltraitance" ajoute-t-elle avant de lister des témoignages de situations qu'elle qualifie d' "incompréhensibles." 
"On a des cas de blessures sans assistance, certains doivent appeler eux-mêmes les pompiers depuis leur cellule. Mon fils m'avait affirmé s'être arraché une dent lui-même faute de rendez-vous avec un dentiste." 

Agressions de surveillants 

Une situation tendue dans un climat de plus en plus violent. A Corbas, le 4 février 2020, un détenu avait porté plusieurs coups de couteau au visage d'une surveillante stagiaire.  Le lendemain, le syndicat UFAP Unsa Justice avait organisé un rassemblement aux portes de l'établissement pénitentiaire.
 
Les syndicats de surveillants alertent également sur les conditions de détention et les difficultés quotidiennes des agents à remplir leur mission faute d'effectifs suffisants. 
Les agents pénitentiaires de Corbas sont mis en cause par la famille d'Idir Mederess qui a voulu porter plainte contre le centre pénitentiaire. Pour l'instant seule une main courante a été déposée selon nos informations.

Dimanche 11 octobre l'association Idir Espoir Solidarités invite ses amis "à participer avec respect et solidarité à la marche en blanche" en précisant : "nous ne voulons en aucun cas faire de dégâts."

 
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