A moins d'un mois du procès Preynat à Lyon, Le pape lève le secret sur les abus sexuels

A moins d'un mois du procès Preynat à Lyon, Le pape lève le secret sur les abus sexuels / © ALBERTO PIZZOLI / AFP
A moins d'un mois du procès Preynat à Lyon, Le pape lève le secret sur les abus sexuels / © ALBERTO PIZZOLI / AFP

Le 13 janvier 2020 débutera le procès du père Preynat à Lyon. A moins d'un mois du procès, le pape annonce lever le secret pontifical dans la lutte contre les agressions sexuelles. Au Vatican, on parle "d'un tournant historique". Le secret de la confession demeure absolu.

Par N.MB (Avec AFP)

C'est la fin du secret d'Etat dans l'église catholique ou précisément la fin du secret pontifical sur les abus sexuels. Le pape François a fait mardi 17 décembre un pas de plus dans la lutte contre les agressions sexuelles dans l'église catholique en levant le secret pontifical sur ces délits, tout en maintenant un minimum de confidentialité. 
L'église est depuis plusieurs années en pleine tourmente avec les révélations successives sur des scandales massifs d'agressions pédophiles commises pendant des décennies par des prêtres ou des religieux et souvent couverts par leur hiérarchie dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis, au Chili ou encore en  Allemagne, et aussi en France, le cardinal Philippe Barbarin est jugé en appel à Lyon pour ne pas avoir dénoncé les abus sexuels du père Preynat prêtre du diocèse. Le procès du père Preynat se déroulera du 13 au 17 janvier au tribunal de grande instance de Lyon (Rhône).

Hasard du calendrier ou signal du pape, le même jour où François a décidé la levée du secret pontifical il a également accepté la démission, officiellement pour "limite d'âge", de l'ambassadeur du Vatican en France, Mgr Luigi Ventura, qui fait l'objet d'une enquête pour agressions sexuelles à Paris.
 Les "instructions" signées par le pape mardi ont pour objectif "de préciser le degré de confidentialité avec lequel il faut gérer les informations et les plaintes concernant les agressions sexuelles" commises par des religieux, explique Mgr Juan Ignacio Arrieta, membre du Conseil pontifical pour les textes législatifs, cité dans un communiqué du Vatican.

Au Vatican, on parle "d'un tournant historique" 

Le secret pontifical, également appelé parfois secret du pape, est une règle de confidentialité protégeant les informations sensibles relatives à la gouvernance de l'Église universelle, selon la définition du site Le forum catholique. "En substance, les raisons qui avaient conduit le législateur ecclésiastique à introduire, parmi les matières sujettes au secret pontifical, les délits les plus graves" comme les agressions sexuelles "cèdent le pas face à des valeurs qui sont considérées aujourd'hui comme plus élevées et dignes d'une protection particulière",
comme "la primauté de la personne humaine blessée", ajoute M. Dalla Torre.
Même s'il lève le secret pontifical, le pape argentin impose cependant un minimum d'attention, exigeant que "les informations" sur ces affaires soient "traitées de manière à garantir la sécurité, l'intégrité et la confidentialité (...) afin de protéger la bonne réputation, l'image et la vie privée de toutes les personnes concernées".
               
Le secret de la confession demeure absolu

Cela signifie concrètement que "les plaintes, les témoignages et les documents des procès concernant les agressions" sexuelles et qui faisaient jusqu'à présent l'objet du secret pontifical pourront désormais être livrés aux magistrats de la justice civile des divers pays", dit-il.
              
Le pape a également décidé que la détention de matériel pédopornographique impliquant des mineurs de moins de 18 ans était désormais considérée comme un grave délit, alors qu'auparavant la limite d'âge était de 14 ans.
Le souverain pontife a néanmoins affirmé à maintes reprises qu'il existait une limite impossible à dépasser: le secret de la confession demeure absolu, ce qui exclut donc une dénonciation de faits rapportés par un fidèle dans le confessionnal.
 

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