Montée de Choulans à Lyon : pourquoi cet axe est particulièrement accidentogène ?

En l'espace d'une semaine, deux personnes sont mortes suite à des accidents de la circulation sur la montée de Choulans dans le 5e arrondissement de Lyon. Trafic important, virages, vitesse excessive, comportements à risque, les raisons de son accidentalité élevée sont nombreuses. 

La Montée de Choulans à Lyon dans le Rhône est particulièrement accidentogène. Vélos, voitures, camions et piétons partagent un espace qui grimpe de 90m de dénivelé sur l'espace de 1,7km.
La Montée de Choulans à Lyon dans le Rhône est particulièrement accidentogène. Vélos, voitures, camions et piétons partagent un espace qui grimpe de 90m de dénivelé sur l'espace de 1,7km. © Francetv

"C'est super dangereux ici", explique Pierre*, un riverain habitant dans le bas de la montée de Choulans (Lyon 5). Il explique que les accidents sont très courants ici. "Je ne laisse pas mes enfants jouer devant chez moi, j'ai peur qu'ils se fassent écraser !", poursuit-il. 

Pour cause, un nouveau drame qui s'est produit le 17 juin 2021, aux alentours de 7h30, dans la Montée. Un adolescent de 16 ans, scolarisé en 3e prépa des métiers au Lycée Don Bosco, est mort, écrasé par un camion qui s'est renversé sur le flanc, devant son établissement.

Si les premiers éléments de l'enquête, selon Le Progrès, révèle que le véhicule roulait au-delà de la limitation de vitesse autorisée, les causes exactes ayant mené le chauffeur à perdre le contrôle de son véhicule ne sont pas encore connues. 

Deuxième accident mortel en 7 jours

Un nouveau drame qui vient rappeler combien cet axe, situé au-dessus du tunnel de Fourvière et souvent emprunté pour éviter celui-ci est accidentogène. Le 9 juin 2021, soit une semaine avant la mort du collégien, une autre personne trouvait la mort sur la même route au volant de son véhicule, quelques centaines de mètres plus haut, après avoir percuté un poteau. 

Pour cette affaire, les causes ne sont pas encore connues non plus. Les deux témoins de la scène, qui étaient passagers et qui ont été blessés lors de l'accident, "n'ont pas encore pu être interrogés", communique la Police Nationale. 

Une route réputée dangereuse 

La Montée de Choulans est réputée pour être dangereuse. Il s'agit d'un axe de deux fois deux voies, qui, comme son nom l'indique, a une forte pente. Le long de ses 1,7 km, les automobilistes gravissent ou descendent pas moins de 90 m de dénivelé, soit une pente de 5,4%. 

Elle est également empruntée par 25 000 véhicules par jour selon les chiffres communiqués par la Métropole de Lyon. Un trafic qui s'explique par le fait que la montée est la principale voie d'accès entre la colline de Fourvière et les quais de Saône. Conséquence, de nombreux automobilistes la privilégient pour éviter de passer par le tunnel de Fourvière, juste en-dessous, très souvent congestionné.

La montée est composée de 3 grands virages quasi en épingle, dont celui où s'est produit l'accident ayant mené à la mort du collégien. Si un feu de signalisation est installé juste devant le lieu du drame, celui-ci ne passe au rouge uniquement lorsque les piétons pressent les poussoirs pour traverser. De plus, la vitesse autorisée est de 50km/h et il n'est pas rare de voir des vélos ou des trottinettes emprunter la route plutôt que le trottoir sur cet axe. 

"Les gens roulent trop vite"

Du côté des pouvoirs publics, on est conscient du problème : "On est au courant que c'est un axe très accidentogène. On le sait, ce n'est pas d'aujourd'hui", avance Nadine Georgel, la maire EELV du 5e arrondissement de Lyon, présente à la Montée de Choulans suite à l'accident mortel du 16 juin. "A notre niveau, nous ferons une étude pour objectiver les éléments et identifier nos pistes d'actions", promet-elle. 

Nadine Georgel identifie deux points d'importance : "il y a peut-être une question d'aménagement, mais il y a aussi une question de comportement. Les gens roulent trop vite ou ont des comportements dangereux. La plupart des accidents sont liés à ça, explique-t-elle, il faut bien le pointer du doigt et inviter les gens à respecter les limitations et les règles de dépassement."

Mohamed Chihi, adjoint au Maire de Lyon chargé de la sécurité, était également présent sur place. À la question de savoir si un radar pourrait être la solution il répond : "Parmi les pistes, un radar, oui, pourquoi pas. Mais cela ne sera qu'une partie de la réponse et non la seule réponses." Il promet que la ville continuera "de travailler avec les autorités compétentes afin de faire disparaître cette problématique."

La limitation de vitesse est une compétence métropolitaine. Dans un communiqué, elle écrit que "Dès jeudi, le cycle des feux a été modifié de telle sorte qu’il fonctionne de façon régulière et non plus seulement à la demande des piétons. Parallèlement, la présence policière a été renforcée."

"Dès la semaine prochaine, des radars pédagogiques seront mis en place et l’installation de radars fixes sera demandée à la Préfecture. En complément, les services de la Métropole étudient des solutions pour limiter l’accès des poids-lourds de fort tonnage vers cet axe", poursuit-elle.

Le projet de faire passer l'intégralité des routes du Grand Lyon à 30 km/h, porté par la majorité écologiste, pourrait être une partie de la réponse attendue par les riverains pour réduire le nombre d'accidents sur cette route. La Métropole promet de lancer des consertations dès la semaine prochaines pour limiter la vitesse sur cet axe.

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