Noël : dans les monts du Lyonnais la course au sapin est lancée

N’en déplaise aux artefacts en plastique, le sapin de Noël naturel a toujours la côte. Inventé au 16e siècle en Alsace, il a pris place au fil du temps dans les foyers français. En ce mois de décembre, chez les producteurs de sapins du Rhône, les clients se succèdent en quête du spécimen à la tenue parfaite.

Ce samedi 9 décembre, dans les monts du Lyonnais, c'est le rush pour les familles à la recherche du sapin idéal.

Sur le parvis de l’entreprise, un véritable champ de bataille. Des centaines de Nordmann morts au combat... Les tiges des uns s’enchevêtrent avec le tronc des autres.  Des arbustes fraîchement débités, jonchant le sol et attendant qu’une famille leur redonne vie dans son salon.  

" Un week-end comme aujourd’hui on va peut-être en vendre 400 ”  

Nicolas Junique est producteur de sapins à Chaponost dans l’Ouest lyonnais. L’entreprise a été créée en 1951 et fait partie de l’AFSNN, l’Association Française du Sapin de Noël Naturel. Ce samedi 9 décembre au matin, ses équipes s’activent, emmaillotant à tour de bras les conifères. Il ne reste que  deux semaines avant que les enfants ne se ruent sur leurs pantoufles asphyxiées de cadeaux. Pour lui, c’est le plus gros week-end de l’année :  

“ Sur la période de fin d’année, on va vendre 10.000 sapins dont 2500 au détail. Un week-end comme aujourd’hui on va peut-être en vendre 400” .

Les clients observent, soupèsent, apprécient la densité du sapin. Une maman navigue avec ses trois enfants entre les différents spécimens à la recherche du gabarit idéal : 

“On en prend un grand bien touffu pour mettre toutes nos décorations. On en a beaucoup... ça nous prend toujours du temps pour prendre le plus beau, parce que Noël c’est important. On en cherche un assez grand et bien rond” explique-t-elle. 

Un sapin de six mètres de haut

Il y a ceux qui optent pour le sapin XXL, celui qui, lorsqu’on le charge dans la voiture, va de la lunette arrière au pare-brise avant. Celui qui oblige à se contorsionner pour passer les vitesses, laissant au passage quelques traces de résine sur la manche droite du blouson du conducteur. Voilà le prix à payer pour voir trôner dans son salon le roi des forêts... Un peu de résine sur l’avant-bras.

Plus rarement Nicolas Junique peut livrer. Il se souvient avoir installé un géant des forêts dans le 6e arrondissement de Lyon : 

“Sur l’ouest lyonnais on est privilégié. Avec des maisons qui ont de grands halls et de grandes surfaces. Les gens prennent parfois des sapins de 2,50 mètres de large. Une fois j’ai vendu un sapin de six mètres pour une maison, boulevard des Belges à Lyon. Ils l’ont mis autour de l’escalier en colimaçon. On l’a livré et installé à trois personnes” 

95% des arbres vendus sont des Nordmann

Les tarifs vont de 13 euros pour un modeste sapin de 80 cm à 110 euros pour un modèle plus majestueux de 4 mètres. 95% des arbres vendus sont de Nordmann. Les épicéas ont souffert cette année de la canicule. Ils sont dans le Rhône seulement trois producteurs et ici, tous les clients vantent le circuit court. Du producteur au consommateur :  “Chaque année c’est un rituel, on connaît la famille, et puis les sapins sont très beaux, de très bonne qualité, là il va durer jusqu’à début janvier, jusqu’à la galette des rois”, se soulage une fidèle cliente.  

Un peu plus loin, un père de famille a vu grand...très grand... Des salariés viennent à son secours pour hisser l’arbre sur la galerie de l’automobile : “On a une grande famille donc on a une grande voiture. Six enfants, il faut les caser. On a pris plus gros cette année je ne sais pas pourquoi ? On vient ici depuis sept ans. C’est moins cher en direct avec le producteur”.

La vente aux particuliers représente 30% du chiffre d'affaires de Nicolas Junique qui travaille également avec les entreprises privées ou les collectivités.