Panthéon : Missak Manouchian rejoint les grandes figures qui ont marqué l'histoire lyonnaise

Missak Manouchian et sa femme entrent au Panthéon ce mercredi 21 avril. L'occasion de feuilleter l'album des Grands Hommes qui ont marqué l'histoire de notre région.

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De Voltaire à Josephine Baker. De Jean Moulin à Sadi Carnot. Tous reposent désormais au Panthéon. Tous ces personnages ont marqué, à leur manière, la grande histoire de France. Petit tour, non exhaustif, de leur histoire dans la région.

Voltaire à Ferney

François-Marie Arouet, dit Voltaire, est né en 1694 et mort en 1778 à Paris. Mais il aura passé vingt ans dans ce qui n'était au départ qu'un hameau situé à proximité de la frontière Suisse. À Ferney, dans l'Ain, il achète le château. Il construit une école, l'hôpital, une centaine de maisons. Il invite les intellectuels du siècle des Lumières. La bourgade devient ville et passe d'une centaine d'habitants à plus de mille âmes. Il poursuit son œuvre. De sa chambre, il écrira plus de 6000 lettres et rédigera notamment son "Dictionnaire philosophique".

De Ferney, Voltaire dira :"y a-t-il un état plus heureux ? Je me trouve entre la France et la Suisse, sans dépendre ni de l'un, ni de l'autre".

En 1791, Voltaire fait son entrée au Panthéon, deux ans plus tard, en 1793, la commune décide de porter son nom.

Rousseau, le promeneur solitaire

Né à Genève, en 1712, Jean-Jacques Rousseau partira assez jeune de sa Suisse natale pour mener une vie d'errance. Il a seize ans quand il rencontre Madame de Warrens. Elle deviendra sa protectrice et assurera son éducation. En 1736, ils s'installent dans une maison près de Chambéry. Aux Charmettes, Rousseau va s'inspirer de la nature pour commencer l'écriture. Le lieu est, pour lui, "un magasin d'idée" dans lequel il puise pour trouver l'inspiration. De là, vont naître ses plus grandes œuvres. Comment oublier les "Confessions du promeneur solitaire" ?

Une maison isolée au penchant d'un vallon fut notre asile, et c'est là que dans l'espace de quatre ou cinq ans, j'ai joui d'un siècle de vie et d'un bonheur pur et plein.

Jean-Jacques Rousseau, "Les rêveries du promeneur solitaire"

De Chambéry, Rousseau écrira dans ses Confessions :"s'il est une petite ville au monde où l'on goûte la douceur de la vie dans un commerce agréable et sûr, c'est Chambéry". La ville, reconnaissante, fera réaliser en 1910, une statue du philosophe debout sur un rocher.

Soufflot et l'Hôtel-Dieu

Jacques-Germain Soufflot est encore jeune architecte lorsqu'il arrive à Lyon "pour tenter sa chance". La ville vient de lancer des appels à projets pour des chantiers publics, dont celui de l'agrandissement de l'Hôtel-Dieu. Soufflot est retenu et signe une convention de huit ans pour réaliser les travaux. L'Hôtel-Dieu est déjà un hôpital, mais l'architecte va en faire un bâtiment "aux allures palatiales" selon le Musée Gadagne.

Il s'inspire du courant hygiéniste pour élever un grand dôme qui sert de puits d’aération afin d’évacuer l'air vicié provenant des chambres des malades.

Le projet de Soufflot consiste en une façade monumentale de deux étages sur le Rhône, de près de 400 mètres de long et 51 travées

Musée d'Histoire de Lyon - Gadagne

Soufflot réalisera d'autres monuments à Lyon comme la Loge du Change ou le Grand Théâtre de Lyon. Mais il est également connu pour ses travaux sur l'église Sainte-Geneviève à Paris qui deviendra le Panthéon.

Le "médecin des pauvres"

Alphonse Baudin est né à Nantua, dans l'Ain, en 1811. Il est décédé à Paris, en 1851, sur les barricades, en espérant soulever le peuple après le coup d'État de Napoléon. C'est à lui que reviendrait cette phrase célèbre, juste avant sa mort "vous allez voir comment on meurt pour 25 Francs". Le montant de l'indemnité quotidienne des parlementaires à l'époque. Avant sa vie politique, il étudia la médecine à Lyon. Surnommé "le médecin des pauvres", il aura été, durant toute sa vie, un ardent défenseur de l'égalité entre les Hommes. Pour la gratuité de l'école, pour la liberté des associations et de la presse.

"Le martyr de la République"

Le 24 juin 1894, Lyon accueille une visite présidentielle. À l'occasion de l'exposition universelle, Sadi Carnot se rend, en voiture décapotable, rue de la République. 

Alors que le cortège présidentiel s'engage dans la rue, un anarchiste italien, Sante Geronimo Caserio, saute sur le marchepied de la voiture présidentielle et poignarde le chef de l'État.

Ministère de l'Intérieur

Bien qu'entouré des médecins les plus chevronnés de la place de Lyon, le Président de la République ne pourra être sauvé. Il fut le premier Président assassiné, ce qui lui vaudra le titre de "martyr de la République". 

Il aura effectué six années à la tête du pays, en effectuant de nombreux déplacements dans les régions. 

À Lyon, une place et une rue portent son nom.

"Entre ici, Jean Moulin"

"Entre ici Jean Moulin, avec ton terrible cortège". Cet extrait du discours d'André Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon, en décembre 1964, est sans doute le plus connu.

Jean Moulin, a été arrêté par la Gestapo, à Caluire, en juin 1943. Interné puis torturé par Klaus Barbie, il décédera dans le train qui l'emmenait vers l'Allemagne en juillet la même année. Haut fonctionnaire puis résistant, l'homme a incarné l'image de la résistance pendant la seconde guerre mondiale. Choisi par le Général De Gaulle pour unifier les différents mouvements de la résistance, c'est lors d'une réunion secrète avec différents groupes qu'il sera arrêté.

Un cénotaphe lui est dédié au Panthéon. Son corps n'a jamais été identifié avec certitude, l'urne qui s'y trouve ne contient que les « cendres présumées » de Jean Moulin.

"Je suis de mon enfance"

Antoine de Saint-Exupéry, né à Lyon et porté disparu en Méditerranée en 1944, n'est pas "entré au Panthéon". Néanmoins, une plaque commémorative a été inaugurée en 1965.

Dans cette vidéo sans son, on assiste à l'inauguration, en présence des membres de la famille de Saint-Exupéry.

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En 1965, une plaque commémorative dédiée à Antoine de Saint-Exupéry, est dévoilée au Panthéon ©INA

L'aviateur, l'écrivain, le reporter se questionnait dans l'un de ses ouvrages : "d'où je suis ? Je suis de mon enfance, comme d'un pays" (In "Pilote de Guerre"). Il aura passé toute son enfance dans le château familial situé à Saint-Maurice de Rémens dans l'Ain.

Figure humaniste et littéraire, il aura marqué son siècle avec notamment "Le Petit Prince". L'histoire d'un aviateur tombé en panne dans le désert du Sahara et d'un petit prince qui s'interroge sur les incohérences du monde des adultes. Un conte poétique et philosophique.

L'humour comme résistance

Née en 1907 à Allgère en Haute-Loire, Germaine Tillion est une ethnologue et résistante française.

Elle a reçu l'hommage de la Nation en 2015, lors de son entrée au Panthéon.  Après ses études d'ethnologie, elle entrera dans la résistance dès 1940.

Arrêtée puis transférée dans le camp de Ravensbrück en Allemagne, malgré les privations, les brimades, les tortures, elle se servira de ses connaissances comme rempart contre l'oppression. Ses connaissances et son humour. Elle écrira même une opérette alors qu'elle est internée.

Josephine Baker, un petit tour à Lyon 

Parmi les Grands Hommes, il manquait une autre femme. Il faut fouiller dans les archives pour trouver une présence à Lyon. Présence courte, mais marquante.

Le 30 novembre 2021, le jour de son entrée au Panthéon, nos confrères du Progrès publient un article consacré à l'artiste et résistante. On y apprend que la célèbre meneuse de revue était venue se produire par deux fois dans la capitale des gaules. Une rue du 7ᵉ arrondissement de Lyon porte désormais le nom de la chanteuse de "j'ai deux amours".