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Procès Barbarin : le jugement sera rendu le 7 mars au tribunal correctionnel de Lyon

© JEFF PACHOUD / AFP
© JEFF PACHOUD / AFP

Le jugement de Philippe Barbarin et cinq autres prévenus pour non dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs sera rendu le 7 mars prochain. Après 4 jours d'audience très denses, ce procès s'inscrit déjà comme un tournant sur la difficile question pédophile dans l'Eglise. 
 

Par Alexandra Marie

A l'issue de quatre jours de débats au tribunal correctionnel de Lyon, le jugement a été mis en délibéré et la décision sera rendue le 7 mars à 09h30

Le début de journée fut marqué par la déclaration du porte-parole du diocèse de Lyon, sous la forme d'un échange avec François Devaux. 

Les journalistes avaient été prévenus qu' Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire du diocèse de Lyon  allait échanger avec le co-fondateur de l'association la Parole Libérée. 

"Merci d'avoir secoué l'Eglise"

"Cela m'a changé, je ne suis plus le même homme. Merci d'avoir secoué l'Eglise, j'ai conscience des dysfonctionnements, des difficultés, il faut que ça change. Merci, car ça ne s'arrête pas là."

"Je sens la sincérité dans vos propos, je souhaite que ce soit le début de quelque chose." lui a répondu François Devaux avant de l'embrasser. Pour certains plaignants comme Didier Burdet, plus que la décision finale, ce qui compte dans ce procès, c'est la prise de conscience de l'institution religieuse et la libération de la parole des victimes. 
 
Procès Barbarin : Didier Burdet
 

D'autres plaignants, à l'instar de Pierre-Emmanuel Germain-Thill, se disent scandalisés depuis les réquisitions "mais au moins, les choses sont révélées, les choses sont dites" complète-t-il. 
 

Procès Barbarin : Pierre-Emmanuel Germain Thill
Pierre-Emmanuel Germain Thill - France 3 - A. Marie


 

La question du secret ecclésiastique au coeur de la ligne de défense de plusieurs prévenus 


Cette dernière journée a vu se succéder cinq avocats de la défense qui ont de manière récurrente fait allusion à la question du "secret ecclésiastique. " 

"Ce secret professionnel, c'est fondamental, car quand le cardinal reçoit Alexandre il est dans son rôle d'évêque. Il n' y a pas d'infraction possible depuis le début" de la part du Cardinal Barbarin, a plaidé Me Jean Felix Lucciani, son avocat. 

Me Chomel de Varagnes prend la défense de Thierry Brac de la Perrière, aujourd'hui évêque de Nevers. Il était évêque auxiliaire de Lyon de 2003 à 2011. On lui reproche d'avoir eu un entretien dès 2011 avec Laurent Duverger, l'une des victimes du père Preynat et de n'avoir pas pour autant dénoncé à la justice les révélations dont il était alors destinataire.

Les plaidoiries ont été clôturées par Me Soulier, avocat du cardinal Barbarin "C'est une histoire incroyable qui s'est produite dans notre ville, la primature des Gaules. Quelques-uns ont décidé, à la faveur de ces délits, de s'en prendre à l'Eglise à travers son chef." a-t-il regretté. 

Le procès du silence 

A la levée de l'audience, le Primat des Gaules et les deux plaignants encore présents sont restés longuement dans la salle. 

Le cardinal Barbarin, avant de quitter la pièce, est venu échanger avec plusieurs avocats de la partie civile. Leur court échange a été présenté comme "élégant" par Me Boudot qui l'avait qualifié de "menteur" dans sa plaidoirie. Nous n'en saurons pas davantage. 

Certaines victimes avaient été approchées par le diocèse en amont pour savoir si elles acceptaient de saluer le Cardinal Barbarin à l'issue de l'audience. Proposition refusée. 

Seuls, de rapides regards furent échangés, en silence, maître mot de ce procès. 

Reportage Y.Marie/ L.Crozat



 








 

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