Air Cocaïne : les deux pilotes de Lyon et d'Isère blanchis en appel par la Justice

Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés à six ans de prison en première instance dans l'affaire dite "Air Cocaïne", ont été acquittés le 8 juillet 2021 par la Cour d'assises spéciale d'appel d'Aix-en-Provence. Les deux pilotes ont toujours nié savoir qu'ils transportaient 700 kilos de drogue.
Aix en Provence, le 7 juin 2021. Pascal Fauret et Bruno Odos et leurs avocats se présentent devant la Cour d'assises spéciale d'appel dans le cadre de l'affaire "Air Cocaïne". Un mois plus tard, les deux pilotes sont blanchis.
Aix en Provence, le 7 juin 2021. Pascal Fauret et Bruno Odos et leurs avocats se présentent devant la Cour d'assises spéciale d'appel dans le cadre de l'affaire "Air Cocaïne". Un mois plus tard, les deux pilotes sont blanchis. © Frank Muller/MaxPPP

La Cour d'assises spéciale d'appel d'Aix-en-Provence a rendu son arrêt ce 8 juillet 2021 : les pilotes lyonnais et isérois, Pascal Fauret et Bruno Odos, ont été acquittés dans l'affaire "Air Cocaïne". Ils avaient toujours clamé leur innocence depuis leur arrestation en République Dominicaine en mars 2013.

Deux des trois acquittés dans cette affaire

Condamnés à six ans de prison en première instance dans l'affaire "Air Cocaïne", Pascal Fauret et Bruno Odos sont les deux seuls des six accusés dont la Cour d'assises spéciale d'appel a levé les condamnations. 

Depuis que cette affaire de trafic de drogue entre la France et l'île des Caraïbes a éclaté en mars 2013, les deux pilotes ont toujours clamé leur innocence. À la veille du rendu de la décision, leur avocat Me Antoine Vey a martelé dans sa plaidoirie que les deux hommes ne savaient pas qu'il y avait 700 kilos de cocaïne à bord de leur jet privé.

Ils se sont fait "bananer", disait d'eux un personnage-clé de l'affaire, Franck Colin, condamné à 12 ans de prison lors du premier procès et qui n'a pas fait appel. Mais cela n'a pas suffi à convaincre l'avocat général, qui a requis six ans de prison à l'encontre de ceux qu'il qualifiait d'exécutants ayant "le droit, voire le devoir de se poser des questions". 

Les magistrats professionnels de la Cour d'assises spéciale d'appel en ont jugé tout autrement.

Ils l'ont toujours dit : ils ne savaient pas ce que contenaient les valises

L'affaire "Air Cocaïne" démarre le 19 mars 2013. Cette nuit-là, 26 valises contenant 680 kilos de cocaïne chargées à bord d'un avion sont interceptées sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana en République Dominicaine. Le Falcon 50, piloté par Pascal Fauret et Bruno Odos devait décoller vers le sud de la France. À destination de Saint-Tropez plus exactement.
 

Si mon mari avait eu le doute, il n'aurait pas fait le vol. Je pense qu'il a été piégé.

Sabine Fauret, épouse du pilote lyonnais, à la barre de la Cour d'assises spéciale d'appel le 9 juin 2021

Arrêtés puis condamnés à 20 ans de prison en République Dominicaine, Pascal Fauret et Bruno Odos en avaient été exfiltrés clandestinement. Ensuite, lors de leur premier procès en France, début 2019, les juges avaient estimé que les deux pilotes du Rhône et de l'Isère avaient sciemment participé à ce trafic de drogue en bande organisée. Ils avaient alors écopé de six ans de prison. 

Depuis, les deux anciens pilotes militaires décorés ont "changé de vie". 

Condamnation confirmée pour les autres protagonistes

Pour les autres accusés de ce procès, la Cour d'assises spéciale d'appel d'Aix-en-Provence a confirmé les condamnations prononcées en première instance. Les gérants de la compagnie d'aviation, Pierre-Marc
Dreyfus et Fabrice Alcaud, ont écopé de 6 ans de prison.

Ali Bouchareb, commanditaire du trafic de drogue selon l'accusation, a été condamné à 18 ans de réclusion. Son chauffeur, Michel Ristic, est le troisième acquitté d'Air Cocaïne, comme en première instance.
 

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