Rhône : l’élu régional Etienne Blanc (LR) «choqué» après la visite d’Emmanuel Macron chez Safran

Ce lundi matin, Emmanuel Macron poursuivait son déplacement dans l’agglomération lyonnaise sur le site industriel Safran, à Villeurbanne. Une visite en présence de Gérard Collomb, maire de Lyon et David Kimelfeld, président de la Métropole. Etienne Blanc a été écarté de la photo officielle. 

La visite du Président Emmanuel Macron sur le site villeurbannais de SAFRAN a fait grincer des dents chez certains élus régionaux. Ainsi, Etienne Blanc, premier vice-président Les Républicains de la région Auvergne Rhône-Alpes, n’a pas digéré l’accueil qui lui a été réservé chez Safran et le fait savoir par voie de communiqué …

L’élu, qui était venu représenter la Région et le président Laurent Wauquiez ce matin ne cache pas son désappointement et sa colère face à une absence de considération de l’équipe présidentielle : « Hors de tout respect du cadre républicain, la Région a systématiquement, et à dessin, été écartée de toutes les discussions politiques et techniques au profit des seuls acteurs de la majorité présidentielle, » s’indigne l’élu dans son communiqué. 

J’ai pris ce matin la mesure de l’ostracisme à l’encontre de la Région

« On m’a très clairement interdit d’accéder à certaines séquences de présentation ou de discussions, tout comme David Kimelfeld d’ailleurs. Ce sont les services d’ordres qui me barraient le passage. Les services d’ordres de l’Elysée ou de safran je ne saurais pas vous dire, mais le message était clair. »   

« La première fois on se dit que c’est une maladresse,  et puis la seconde fois, on a encore un doute… et puis la troisième…la quatrième et enfin le point d’orgue a été l’interdiction d’accéder au plateau pour la photo. »
Et c’est là qu’Etienne Blanc décide de quitte les lieux « mais avec beaucoup de courtoisie. »

J’ai eu l’occasion de le dire au chef de l’Etat

Si Etienne Blanc ne se dit pas blessé, il n’empêche que cette visite gardera un goût amer. « Les gens de Safran ont été très mal élevés. » « je ne suis pas blessé, mais je suis très attaché à certains comportements, aux valeurs et au respect. » Etienne Blanc a tout de même réussi à s’entretenir avec Emmanuel Macron, juste le temps de lui faire part de sa profonde déception : « Je lui ai dit que je n’acceptais ces mauvaises manières de gens mal-élevés. » Ce à quoi le chef de l’Etat lui a répondu « il m’a dit qu’il fallait dépasser les querelles politiques. Bien sûr je lui ai rétorqué que cela n’avait pas été le cas aujourd’hui. Et surtout que ce n’était pas le jour pour se comporter de la sorte.»

Problème protocolaire ? Pour Etienne Blanc, la question est bien plus grave. Il dénonce « une instrumentalisation politique » du projet industriel Safran, à savoir l’implantation d’une nouveau site à Feyzin,  « à seules fins électoralistes ». A la sortie du site de Villeurbanne, l’élu régional LR s’est dit « choqué par ce comportement » et « par un sectarisme d’un autre âge ». Il faut cependant rappeler que le bras droit de Laurent Wauquiez et numéro deux de la Région brigue le fauteuil de maire de Lyon aux prochaines élections municipales.

Et l’élu LR n’hésite pas à rappeler dans son communiqué que « la tradition lyonnaise est de travailler ensemble sur de grands projets » et que « la Région s’est depuis plusieurs mois engagée dans un vaste plan en faveur du développement de la filière aéronautique. »
Pourtant, l’absence de considération a été également manifeste de la part de la direction du groupe industriel Safran, selon Etienne Blanc qui rappelle également que la Région a « œuvré aux côtés des autres collectivités pour l’implantation d’une nouvelle usine de l’entreprise SAFRAN en Auvergne-Rhône-Alpes » et qu’un « accompagnement financier conséquent » - de 4 millions d’euros - a été attribué à ce projet par la Région.