Samuel Paty : comment parler de l'attentat aux enfants à l'école

Comment va se passer la rentrée des vacances de la Toussaint le lundi 2 Novembre ? Touchée de plein fouet, la communauté éducative se pose la difficile question de la pédagogie après la disparition de Samuel Paty, décapité par un terroriste islamiste. 
© PHOTOPQR/LA MONTAGNE/Stéphanie Para
L'heure de la rentrée est finalement maintenue aux horaires habituels. Initialement prévue à 10 heures pour tous les élèves le 2 novembre, la journée devait commencer par un temps d'échanges dans les établissements scolaires. Les enseignants étaient censés disposer de deux heures pour partager avant l'arrivée des élèves.

"Tous les élèves reprendront les cours comme à l’habitude", a déclaré Jean Michel Blanquer le ministre de l'Education Nationale. 
Viendra ensuite un moment dédié aux "principes de l'école et de la République". L'ensemble de la communauté éducative a en effet été ébranlée par l'attaque terrible menée à l'encontre de Samuel Paty, professeur d'Histoire Géographie à Conflans-Saint-Honorine dans les Yvelines

D'après le ministère de l'Education Nationale, "des ressources pédagogiques sont disponibles pour les professeurs qui le souhaitent. Mais ce temps pourra se tenir tout au long du mois de novembre afin de laisser aux professeurs qui le souhaitent le temps nécessaire pour préparer cette séquence."  Une plateforme intitulée eduscol regroupe déjà un ensemble de ressources à disposition des équipes pédagogiques et éducatives. 

Comment parler d'un drame de l'actualité aux élèves ? Aborder les principes fondateurs de la République et la liberté d'expression  et revenir sur la charte de la laîcité, autant de questions et d'enjeux de long terme qui vont bien au-delà de cette journée de rentrée. 

Le 2 novembre, collégiens, lycéens, professeurs et personnels seront réunis pour une minute de silence et s'il le souhaitent, lire la "Lettre aux instituteurs et institutrices" de Jean Jaurès. 
 
Ecouter la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs


Maternelle et primaire 

De la maternelle au CM2, chaque établissement pourra adapter les outils et les messages aux âges des élèves. Pour Philippe Chareyron, secrétaire général adjoint FCPE du Rhône "il faut mettre nos enfants dans un cadre sécurisant et ne pas les replonger dans la psychose en imposant une minute de silence". 

"La minute de silence n'est pas un temps adapté pour les plus jeunes", insiste Benjamin Grandener du syndicat enseignant SNUIPP-FSU du Rhône. "Il faut un temps de compréhension, d'explication, pas un temps émotionnel" 

Mettre des mots, partager, trouver des références face à l'inexplicable, la mission s'annonce très sensible. 

Quelques semaines après les attentats de 2015, une délégation ministérielle composée de pychologues en charge de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire précisait : 

"Selon différentes références, il apparait important de ne pas éviter le sujet, car les enfants et les adolescents ont déjà entendu parler de l’événement par leurs parents, par les médias et par les réseaux sociaux. Etant donné que des « bribes » d’information incomplètes restent angoissantes, il est proposé aux adultes et aux enseignants de suivre les préconisations suivantes : "Demandez aux enfants ce qu'ils ressentent face à cette situation dont ils ont entendu parler ou qu’ils ont vue dans les médias. Invitez-le à partager avec vous ses émotions." Il ne faut surtout pas faire du terrorisme un tabou ni à la maison, ni à l’école."

Certains syndicats enseignants dénoncent "un hommage bâclé" et de nombreux élus locaux regrettent les injonctions contradictoires envoyées par le gouvernement. 

Le protocole sanitaire a été renforcé dans les établissements scolaires, ce dont il faudra également parler avec les enfants. Confinement, fin des sorties les week ends, port du masque à partir de six ans, l'accompagnement des plus jeunes en ce mois de novembre posera de nombreuses questions aux familles. 





 
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