Assassinat de Samuel Paty : "Ensemble, surmonter le choc", ce qu'il faut retenir de cette édition spéciale France 3

"Ensemble, surmonter le choc", une édition spéciale était proposée en direct ce mardi 20 octobre à 18h00, par la plus grande rédaction de France suite à l'assassinat de l'enseignant, Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine. Ce qu'il faut retenir de cette édition spéciale.

Après les morts ... quand il reste les mots !

"On ne peut pas rendre les parents ou les enfants coupables de ce qu'ont fait leurs proches," explique Georges Salines. Après un premier livre consacré à la perte de sa fille Lola, Georges Salines a publié cette année "Il nous reste les mots", co-écrit avec Azdyne Amimour. Ce dernier est le père de de Samy Amimour, un des terroristes du Bataclan. Ensemble, ils luttent désormais contre la radicalisation.

L'attentat de St-Quentin-Fallavier : la colère de Didier Cornara

Hervé Cornara était la première victime décapitée sur le sol français. C’était en 2015, en Isère, à Saint-Quentin Fallavier, près de Lyon. Son frère, Didier, a vivement réagit après l’assassinat de Samuel Paty... Il ne décolère pas et pointe du doigt l'inaction des politiques : "en juin 2015, lorsque mon frère a été décapité, la France était en émoi. Ma maman se rappelle encore que Monsieur Cazeneuve lui tenait les mains et lui disait on fera tout ce qu’il faut faire''.
 


Mémorial : que reste-t-il du 14 juillet 2016 à Nice ?

Après l'attentat du 14 juillet 2016, la célèbre Promenade des Anglais est devenue un "lieu d'émotions". Des familles de victimes auraient souhaité qu'un mémorial soit érigé à Nice. Anne Murris, Présidente de l'Association "Mémorial des Anges" à Nice, figure parmi les porteurs du projet. Elle se bat pour qu'un mémorial voit le jour sur les lieux mêmes de l'attentat. Mais aujourd'hui ce projet semble compromis.
Pour Adrien Gras, médecin psychiatre et chef de la cellule d’urgence médico psychiatrique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, ces lieux de mémoire sont pourtant d'une importance capitale, ils sont "comme des cicatrices sur la peau"... 


Des plaies ravivées à Saint-Etienne-du Rouvray, en Normandie. 

Le 26 juillet 2016, le Père Jacques Hamel était assassiné dans cette petite commune normande. "En 2016, une page de notre commune s'est écrite en lettres de sang... mais il faut se tourner vers l'avenir avec notre jeunesse," explique Joachim Moyse, maire (PCF) de Saint-Étienne-du-Rouvray. "Il faut travailler sur les questions de culture et d'éducation".  


Tuerie de Toulouse : comment se relève-t-on de ce choc ?

Le temps un facteur essentiel. Pour Nicole Yardeni, Présidente du CRIF Toulouse de 2008 à 2015, "Il faut du temps... il ne faut pas avoir peur de ce temps, il faut avancer...avec la sécurité, la justice, les psychologues mais surtout avec de l'éducation... et avec la conscience très profonde que nous vivons un combat culturel, extrêmement dur." Et elle explique : "une guerre nous a été déclarée et c'est une guerre des idées ! Et il faut la gagner!"

Depuis Strasbourg, pour Adrien Gras, médecin psychiatre, "le temps, dans la notion de traumatisme, il est variable"...."il y a des gens qui ont besoin de parler tout de suite, il y a des gens qui ont besoin de garder le silence et d'attendre," commente le praticien. Et d'ajouter, la reconstruction passe aussi par la "reconnaissance" de son statut de victime. Cette cellule d'urgence très sollicitée après l'attentat de décembre 2018 de StrasbourgGeorges Salines, père de Lola, une victime de l'attentat du Bataclan, confirme.
 

Après la mort de Samuel Paty: entre choc et sidération

"On avait besoin d'être ensemble, de se montrer solidaires..." "S'en prendre à un enseignant, c'est assassiner la République!" "On est dans un pays de Liberté et il faut que l'on y reste !" "Cet acte de haine contre notre collègue, il ne faut pas répondre par la haine mais en portant les valeurs de liberté, égalité, fraternité, celles qui font la République française..." 

Cette émission spéciale a débuté avec les images de foules, de particuliers qui ont salué ces derniers jours la mémoire de l'enseignant décapité vendredi dernier en région parisienne. Applaudissements, paroles fortes, Marseillaise ou encore silence accablant.... de nombreux citoyens sont encore sous le choc. L'émotion n'est pas retombée. Comme Anne-Marie Rubio, enseignante en Histoire-Géographie. Elle a notamment travaillé durant 24 ans dans le quartier des Minguettes, à Vénissieux, en banlieue lyonnaise. Sa réaction lorsqu'elle apprend la mort de Samuel Paty: "J'étais sidérée, sans mots... un prof tué pour avoir fait son travail, un collègue décapité pour une séance faite sur la liberté d'expression, je ne comprenais pas," Anne-Marie Rubio peine encore à contenir son émotion. 

Invité sur le plateau de France 3, Kamel Kabtane, recteur de la Grande mosquée de Lyon, explique avoir eu la même réaction de sidération au soir du drame: "Encore un compatriote assassiné par quelqu'un sorti de je ne sais où; un compatriote égorgé pour des raisons que je ne comprends pas !"

Il y a quelques jours, Kamel Kabtane a rassemblé en urgence les imams des principales mosquées du Rhône. "La situation est tellement difficile qu'il faut peut-être que nos imams comprennent qu'ils ont un rôle important à jouer. Ce sont des éducateurs qui sont là pour parler de la réalité du Coran," explique-t-il. 
Pour le recteur de la Grande mosquée de Lyon, "ceux qui parlent plus fort, ce sont ceux-là qui aujourd'hui assassinent au nom de notre religion. Ceux-là qui se permettent d'interpréter et de lui donner ce caractère de violence, ce caractère de haine." et il ajoute : "c'est contre cette haine qu'il va falloir que les Musulmans se réveillent et parlent tous d'une même voix!"
 

Un enseignant assassiné à Conflans-Sainte-Honorine


Il s'appelait Samuel Paty. Il était âgé de 47 et père d'un petit garçon de 5 ans. Au collège du Bois d'Aulne à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), il enseignait l'histoire-géographie. Mais pour avoir défendu la liberté d'expression, un engagement qui lui tenait à coeur, en montrant à ses élèves de 4e des caricatures du prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo, il est mort. Le professeur a été décapité par un jeune radicalisé de 18 ans, à quelques mètres de son collège, le 16 octobre, victime, selon Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, d'une "fatwa" lancée par un parent d'élève et un prédicateur.

Après le choc d'un acte terroriste, comment maintenir, reconstruire le lien citoyen ? A la veille de l'hommage national qui sera rendu à Samuel Paty dans la cour de la Sorbonne, à Paris, France 3 a mobilisé son antenne pour une édition spéciale.

Revoir l'émission spéciale 

"Ensemble, surmonter le choc", l'édition spéciale de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes

Alors que plusieurs drames ont été vécus sur le territoire national ces dernières années, nos équipes s'interrogent sur comment préserver et reconstruire le dialogue et le vivre ensemble, et tentent de déterminer les limites et les doutes qui demeurent encore malgré les années.
Pour répondre à ces questions, Olivier Michel, en plateau à Lyon, ouvre l’émission avec des images des réactions les plus fortes recueillies dans les cortèges qui ont défilé ce week-end à travers le pays avant de poursuivre par un duplex avec Florent Carrière, premier journaliste de France Télévisions sur les lieux de l'attentat à Conflans-Sainte-Honorine.

Les invités :  
Les reportages des rédactions régionales pour illustrer l’émission :
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