Trois militants de l'ultradroite lyonnaise condamnés à 4000 € d'amende pour "diffamation" contre le député Thomas Rudrigoz

Auteurs d'inscriptions injurieuses sur la permanence d'un député Renaissance en 2020, trois militants revendiqués d'ultra-droite ont été condamnés ce mardi 20 février à 4.000 euros d'amende et à 5000 euros de dommages et intérêts.

4000 euros d'amendes pour "diffamation envers un dépositaire de l'autorité publique". C'est la sentence infligée mardi 20 février 2024 à Lyon à trois militants revendiqués de la mouvance d'ultra-droite, pour avoir dégradé la permanence d'un député Renaissance en mai 2020. 

Des affiches injurieuses 

Âgés de 28 et 209 ans, les trois hommes avaient collé des stickers et des affiches sur le local de campagne du député Thomas Rudigoz, imputant à l'élu macroniste un soutien à l'islamisme. On pouvait y lire l'inscription "candidat complice de l'islamisation", l'accusant d'avoir été "silencieux pendant les attentats"

Et sur une autre, "Kamel Kabtane islamiste soutenu par Rudigoz", en référence à l'aide apportée par le député au recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel Kabtane. Ce dernier avait été violemment mis en cause par les réseaux d'extrême-droite pour avoir proposé une prière depuis le minaret de la grande mosquée pour soutenir malades et soignants, en pleine période de crise sanitaire du Covid-19. 

Les messages sur les affiches et les stickers étaient accompagnés de photos de combattants de l'État islamiste. 

"Ils ont tenu et diffusé des propos inacceptables qui véhiculent des messages empreints de haine", avait estimé la procureure Marie Brunet à l'audience, tenue en leur absence le 16 janvier. 

5000 euros de dommages et intérêts 

L'un des trois hommes avait été identifié grâce aux relevés ADN sur l'une des affiches, les deux autres après que des tweets et un communiqué revendiquant l'action aient été diffusés sur le site de Génération identitaire. 

Le parquet avait requis des amendes de 6 000 à 8 000 euros contre les trois prévenus, des anciens membres de Génération identitaire. 

Concernant le député Thomas Rudigoz, le tribunal correctionnel de Lyon lui a accordé 5000 euros de dommages et intérêts pour les faits commis lors de la campagne des élections municipales et métropolitaine de mai 2020 et 3.000 euros de remboursement de frais judiciaires, accompagné de l'exécution provisoire du jugement. "C’est violent", avait répondu Thomas Rudigoz en dénonçant des groupuscules "encore plus extrémistes" et "prêts à tout, à menacer, à faire peur". C'était la première fois qu'il portait plainte pour diffamation au cours de sa carrière.