"Un homme nous a défoncé le crâne", deux victimes dénoncent une attaque homophobe préméditée

Quentin et un ami rentraient de soirée lorsqu'ils ont été attaqués, dimanche, vers 4h30, dans le centre de Lyon. Un homme les a roués de coups, et leur a volé papiers, argent et téléphone. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), la photo publiée par Quentin en dit long sur la violence de l'agression. Pour la victime, il ne fait aucun doute que l'acte est de nature homophobe et préméditée.

"Un homme nous a défoncé le crâne, le visage, et nos mains qui essayaient de les protéger. Le traumatisme crânien et facial et la violence du choc m’ont fait perdre toute mémoire de l’agression". Dans le post déposé sur son compte X, Quentin témoigne de l'attaque dont il a été la cible avec un ami rencontré un peu plus tôt dans la nuit de samedi à dimanche, sur les quais de Saône, dans le 2ème arrondissement de Lyon. Son visage, photographié au lendemain de l'agression apparaît tuméfié. Cinq et sept  jours d'ITT : les deux hommes ont été battus et détroussés alors qu'ils venaient de s'embrasser dans la rue. 

Pour le Lyonnais, il s'agit d'un acte homophobe et prémédité : les victimes sortaient du Sonic, un club gay friendly situé quai des Etroits, et leur agresseur les aurait repérés et suivis avant de les attaquer. D'après Quentin, la police n'a pas retenu ces éléments : "Malgré nos dépôts de plaintes respectifs, des éléments très clairs de la part de l’autre garçon (qui se souvient de tout), permettant de reconnaître le caractère homophobe et prémédité de cet acte, la police ne l’a pas mentionné dans ses rapports".

Stop Homophobie, association de lutte contre les discriminations et la haine anti-LGBT, a apporté son soutien aux deux victimes et mandaté son avocat pour les représenter. Son secrétaire général, Terrence Khatchadourian, parle d'"un guet-apens, d'une embuscade". Dans un communiqué, il ajoute que Quentin aurait réussi à localiser son smartphone volé et l'aurait signalé dans sa plainte. "Malgré cela, la police n’a pas jugé possible de se rendre sur les lieux ou d’identifier le suspect". Et il ajoute : "S’il a décidé de témoigner c’est pour dénoncer".

Une enquête est ouverte

Contactée, la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) du Rhône s'en est tenu à confirmer qu'une enquête est bien ouverte à la suite des deux dépôts de plainte. Sans préciser si elle s'oriente sur un simple vol avec violences ou si le caractère homophobe est retenu. Rien empêche, en tous cas, que la circonstance aggravante de "violences volontaires en raison de l'orientation sexuelle" soit retenue au cours de l'enquête. C'est en ce sens que Me Jean-Baptiste Boué-Diacquenod, avocat des deux victimes, a formulé une demande d'audition complémentaire : afin que les éléments homophobes du contexte de l'agression figurent au dossier.

Le parquet de Lyon, lui, n’a pas encore donné suite à nos sollicitations. Il n'a pu confirmer ni infirmer, comme l'avance STOP Homophobie, qu’il n’y aurait pas à Lyon d’officier dédié à recueillir les plaintes pour agression homophobe, "malgré les promesses en 2018 de l’ancien ministre de l’intérieur Christophe Castaner".

"L'homophobie n'a pas sa place à Lyon"

Mohamed Chihi, Adjoint à la Sécurité

L'adjoint à la sécurité du maire de Lyon, Mohamed Chihi, a quant à lui, a assuré Quentin d'un soutien sans réserve. Jugeant cette agression intolérable, il ajoute sur X (ex-Twitter) : "L'homophobie n'a pas sa place à Lyon".

Une vague de solidarité qui se poursuit sur les réseaux sociaux : le témoignage de Quentin C. a été vu 853 000 fois sur X. 

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