Villeurbanne interdit les trottinettes en libre-service

Toute trottinette stationnée sur la voie publique pourra être enlevée par les services municipaux de Villeurbanne, et sera sanctionnée d'une amende de 38 € par engin à l'opérateur. / © Joël Philippon / Maxppp
Toute trottinette stationnée sur la voie publique pourra être enlevée par les services municipaux de Villeurbanne, et sera sanctionnée d'une amende de 38 € par engin à l'opérateur. / © Joël Philippon / Maxppp

Villeurbanne interdit, à partir de ce mercredi 30 octobre, l'utilisation des trottinettes en libre-service sur sa commune. Les opérateurs de trottinettes ont dû retirer leurs flottes. Certains tentent de mobiliser les utilisateurs pour inciter la commune à revenir sur sa décision.

Par Mathieu Boudet

A partir de ce mercredi 30 octobre, la ville de Villeurbanne interdit le stationnement des trottinettes en libre-service sur sa commune, les empêchant de facto de circuler. Un coup dur pour les opérateurs de trottinettes, qui ont dû retirer leurs flottes. Certains, comme Lime, tentent de mobiliser les utilisateurs pour inciter la commune à revenir sur sa décision. Sans réussite pour l'heure.

 

Interdites à Villeurbanne


Le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, a publié un arrêté pour "interdire, sur les trottoirs et aires piétonnes de la ville, le remisage des trottinettes et des véhicules en libre-service sans station d’attache et mis à disposition à titre onéreux". En d'autres termes, l'interdiction de stationnement de ces trottinettes sur tout son territoire, et donc, l'impossibilité pure et simple de circuler en ville. L'arrêté précise que toute trottinette stationnée sur la voie publique pourra être enlevée par les services municipaux, et sera sanctionnée d'une amende de 38 € par engin. Pour expliquer ce choix radical, la mairie explique :"après une première rencontre en juin avec les opérateurs pour leur demander un plus grand respect de l’espace public, le maire avait pris un arrêté réglementant la circulation et le stationnement des trottinettes. Face au constat d’une absence de progrès notables et d’une mobilisation trop limitée des opérateurs, il a décidé d’interdire leur remisage sur les trottoirs."


 

Les opérateurs retirent les trottinettes


Cet arrêté a été assorti d’une demande faite aux opérateurs de retirer leurs flottes du territoire villeurbannais jusqu’à l’entrée en vigueur d'une la loi d’orientation des mobilités, qui n'existe pas encore, et qui devra permettre d'encadrer la présence des trottinettes dans l’espace public. A Villeurbanne, l'opérateur Bird a commencé à réduire son périmètre d’exploitation et ne desservira plus Villeurbanne vendredi 1er novembre.
Lime a cessé progressivement du 28 au 30 octobre les déploiements à Villeurbanne et fermera la possibilité de terminer un trajet sur le territoire le 30 octobre au soir. Des équipes assureront le ramassage des trottinettes restantes du 30 octobre au 1er novembre.
Enfin, Dott cesse d’exploiter et se donne jusqu’à la fin de la semaine pour collecter les trottinettes restantes sur le territoire.
A noter qu’Indigo Weel avait déjà annoncé sa décision de se recentrer sur Lyon.


 

Appel à mobilisation... 


Branle-bas de combat ! Pour s'opposer à la décision de la mairie, l'opérateur Lime a adressé, à la fin octobre, un mail à ses clients, les invitant à relayer massivement une lettre de soutien sur les réseaux sociaux. Lime y évoque "un million de trajets qui ont permis de réduire la pollution atmosphérique, la pollution sonore et la congestion dans la commune, tout en facilitant le quotidien des habitants", et appelle ses utilisateurs à signer la lettre pour interpeller la mairie de Villeurbanne. L'entreprise propose aussi un texte type à relayer sur Twitter :"j’ai participé aux 1 million de trajets réalisés en Lime à #villeurbanne et ai hâte de pouvoir de nouveau me déplacer facilement et en mode doux au sein de la commune."
 
 


... Sans grand succès


Mais, alors que la décision de la mairie semble risquée, la perception souvent négative des trottinettes pourrait prendre le dessus. La mobilisation d'utilisateurs de Lime semble pour l'heure particulièrement faible sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, à peine une dizaine de messages soutenaient la position de Lime, ce mercredi 30 octobre. Pire, des messages, une dizaine également, détournent le hashtag #LimeVilleurbanne pour délivrer des propos, au contraire, hostiles aux services de trottinettes de location : "je n'ai pas participé aux trajets en #LimeVilleurbanne. Dégagez de nos villes," ou encore "Super décision de @JeanPaulBret ! A quand la même chose à Lyon pour éradiquer ce fléau qu'est les trottinettes électriques", lisait-on dans le fil de discussion ce mercredi. Contactés, les services de l'opérateur Lime n'étaient pas disponibles ce jour pour répondre à nos questions. 
 
 



 

Un casse-tête pour les villes


Le déferlement des trottinettes en libre-service dans les villes françaises, depuis ces dernières années, s'accompagne de défis réglementaires nouveaux, liés à l'ordre public, à la sécurité ou à la circulation, qui relèvent parfois du casse-tête pour les mairies et les préfectures. A Paris, un arrêté pris cet été n'autorise le stationnement de ces trottinettes que "sur les emplacements (...) dédiés au stationnement payant et aux deux roues". En attendant la loi sur la mobilité, Paris a également imposé des mesures particulières : la circulation sur les trottoirs est sanctionnée d'une amende de 135 euros, le stationnement gênant est puni d'un PV de 35 euros, et les engins gênants seront mis à la fourrière. La Ville de Paris va également créer des zones spécifiques de stationnement des trottinettes, délimitées par un marquage au sol. Mais à notre connaissance, Villeurbanne est jusqu'ici la seule ville de France à interdire purement et simplement leur stationnement partout en ville. 


 
Trotttinettes Villeurbanne
Villeurbanne interdit les trottinettes en libre service - Mathieu Boudet



 

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