Rumeurs de violence à Tolbiac : un ex-candidat de la France Insoumise en Isère pris dans la tempête

L'évacuation du campus de Tolbiac le vendredi 20 avril, avec Taha Bouhafs à droite. / © Christophe SIMON / AFP
L'évacuation du campus de Tolbiac le vendredi 20 avril, avec Taha Bouhafs à droite. / © Christophe SIMON / AFP

Taha Bouhafs, ex-candidat de la France Insoumise aux législatives en Isère s'est retrouvé mêlé ces derniers jours aux événements de Tolbiac et aux rumeurs de violence policière. Le militant, qui a relayé des témoignages infondés est désormais la cible d'une violente campagne de dénigrement.

Par FT

C'est une rumeur qui a enflé depuis ce vendredi, jusqu'à prendre des proportions énormes et qui semble prendre de court aujourd'hui tous ses protagonistes. L'un d'eux, Taha Bouhafs, militant insoumis grenoblois âgé d'une vingtaine d'années est l'ex-candidat de la France insoumise aux dernières législatives en Isère.

Le candidat malheureux aux élections de juin 2017 a participé au blocus de la faculté de Tolbiac et se retrouve depuis quelques jours pris sur les charbons ardents des réseaux sociaux. Le militant, qui a relayé certaines rumeurs de violence sans avoir vérifié leur véracité est aujourd'hui la cible d'une violente campagne de dénigrement.

Une évacuation, des rumeurs confuses


Le campus de Tolbiac, occupé par des étudiants qui militaient contre la loi ORE (qui instaure une sélection à l'entrée de l'université) depuis le 26 mars dernier, a été évacué par les CRS ce vendredi tôt dans la matinée. Si l'évacuation s'est fait dans un climat de tension, les confrontations violentes redoutées n'ont finalement pas eu lieu, malgré quelques accrochages.

Pourtant, assez rapidement, une rumeur faisant état d'un blessé grave imputable à l'intervention des forces de l'ordre a été relayée sur les réseaux sociaux. Le magazine en ligne Reporterre a le premier relayé trois témoignages faisant état d'une chute grave.

Des témoignages confus évoquaient tour à tour "une chute", "une flaque de sang", "un homme inanimé" gisant au sol, "un homme entre la vie et la mort", et même un décès. Problème, personne n'a réussi au bout de plusieurs jours, à mettre la main sur ce soi-disant blessé grave et la préfecture de police a démenti cette version dès ce vendredi.

Des témoignages "fallacieux"


Face aux rumeurs de violences et au sous-entendus complotistes, Libération a finalement publié ce mardi une enquête fouillée qui démonte les rumeurs faisant état d'un blessé grave. Selon le quotidien, qui cite le magazine Reporterre, les témoins qui affirmaient avoir vu le blessé grave n'étaient pas des témoins directs et leur témoignage est infondé. Reporterre, qui a mené en interne une contre-enquête va dans le même sens et reconnaît que ces témoignages étaient "fallacieux".


Taha Bouhafs, qui était à Tolbiac au moment de l'évacuation persiste pourtant et remet en cause l'enquête de Libé. Le militant insoumis, dans un post Facebook aux accents victimaires, accuse le quotidien national de "mensonges et de calomnie". Il assure que le contact des témoins a été "refusé" à la journaliste pour les "protéger" car ils ont "rendez-vous dans la semaine avec l'avocat". 

Là aussi, Reporterre met à mal cette version et assure que l'un des prétendus témoins, qui devait rencontrer un avocat, a fait faux-bond deux fois au rendez-vous juridique...




Taha Bouhafs est depuis ce mercredi ciblé sur les réseaux sociaux, par des internautes qui lui reprochent d'avoir relayé des accusations graves sans les avoir vérifiées. Il avait également affirmé dans un Tweet que "les CRS avaient épongé le sang des étudiants à l'intérieur de la Fac pour ne laisser aucune trace" (son compte Twitter est aujourd'hui protégé).

Mais le jeune homme est également pris pour cible par des commentaires injurieux, dont certains aux relents clairement racistes, d'autres appelant à la violence.

Histoire d'ajouter de l'huile sur le feu, le député FN Gilbert Collard a publié une vidéo de l'évacuation où on voit Taha Bouhafs face aux forces de l'ordre.
Le jeune homme, visiblement à bout de nerf, interpelle et insulte les CRS impassibles qui l'empêchent de franchir le cordon de sécurité.

En légende de la vidéo, le député frontiste regrette que le jeune homme "n'ait pas pris de tarte avec ou sans crème"...


"Jamais je n'ai affirmé ou même laissé croire que j'aurais été témoin de la scène"


Face au flot de critiques, le militant a publié un nouveau communiqué ce mercredi, il y assure que "l'évacuation ne s'est pas faite dans le calme" mais reconnaît ne pas avoir été "témoin direct de l'événement".

Contacté par la rédaction de France 3, Taha Bouhafs n'a pour le moment pas directement répondu à nos questions.




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