Un an après l'incendie mortel de Courchevel : les victimes demandent au procureur de jouer la transparence

Un an jour pour jour après l'incendie d'un bâtiment qui a fait deux morts et 24 blessés parmi les saisonniers de Courchevel, les victimes et familles de victimes lancent un appel. Et demandent à la procureure d'Albertville plus de transparence concernant l'enquête sur la sécurité du bâtiment.

 

Deux enquêtes sont menées en parallèle dans l'affaire de l'incendie de Courchevel qui a coûté la vie à deux saisonniers et en a blessé 24 autres le 20 janvier 2019. Les victimes et leurs familles réclament des informations sur l'évolution de l'enquête concernant la sécurité du bâtiment.
 

L'enquête sur l'incendiaire confiée à un juge d'instruction


La première, confiée à un juge d'instruction, concerne l'incendiaire. Un jeune homme de 22 ans est suspecté d'avoir mis le feu au bâtiment. Deux pistes au moins seraient examinées par les enquêteurs :

- celle de la déception amoureuse. Son ex-petite amie, une saisonnière, résidait dans l'ancien hôtel incendié.

- celle d'une dette liée au trafic de drogue. Le suspect était connu des services de police pour de multiples délits, notamment le trafic et l'usage de stupéfiants.

L'enquête sur la sécurité du bâtiment dirigée par la procureure de la République


Pas d'instruction ouverte en revanche dans l'enquête sur la sécurité du bâtiment. En tout cas, pas pour le moment. C'est la procureure de la République qui dirige l'enquête. Et pour les victimes et leurs familles, cela change tout, car elles n'ont pas accès au dossier.

Lorsqu'un juge d'instruction est nommé, les parties civiles ont accès au dossier, elles peuvent suivrent l'évolution de l'enquête et demander éventuellement des expertises supplémentaires. 

Lorsque c'est le procureur qui dirige l'enquête, elle reste secrète.

"Nous ne savons pas ce qui s'y fait, ou pire ce qui ne s'y fait pas" explique Sylvain Cormier, avocat de saisonniers et de familles de victimes qui estime que rien ne justifie cette organisation judiciaire. 

"Les victimes l'ont vécu comme une mise à l'écart d'un dossier qui les intéresse"

Les victimes craignent que l'on cherche à "ménager un acteur important de la vie de Courchevel". Le groupe Tournier, propriétaire du bâtiment incendié, est en effet une véritable institution de l’hôtellerie-restauration. Il gère des centaines de saisonniers dans ses établissements de Courchevel mais aussi Chambéry ou St Tropez.
 
Maître Sylvain Cormier demande à la procureure plus de transparence. "Nous voulons avoir la certitude que le travail est fait et bien fait" explique-t-il.

La procureure de la République d'Albertville, Anne Gaches, nous a indiqué ce lundi que l'enquête était toujours en cours et qu'elle n'était absolument pas abandonnée. Nous n'en saurons pas plus pour l'instant.

Les avocats des parties civiles seront reçus par le parquet le 28 mai 2020.







 
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