Ecole musulmane d'Albertville : "nous n'avons jamais eu un centime de la Turquie" assure l'association

Le maire d'Albertville, Frédéric Burnier-Framboret (DV), pointe l'association à l'origine d'un projet d'école musulmane sur sa commune. Il l'accuse notamment d'être financée par l'Etat turc. Le président de la CIMG jure qu'il n'en est rien.

 

Les locaux de la CIMG (Confédération islamique Millî Görüs) à Albertville.
Les locaux de la CIMG (Confédération islamique Millî Görüs) à Albertville.

"Cela fait sept ans que je suis président de l'association, je n'ai jamais vu passer aucun financement étranger", assure Engin Seller, président de la CIMG. La Confédération islamique Millî Görüs est à l'origine d'un projet d'école primaire musulmane à Albertville. 

Dans une tribune publiée dans le Figaro le 8 avril, le maire d'Albertville, Frédéric Burnier-Framboret, avait qualifié la CIMG de "bras armé de l’État turc"

"La Turquie ne finance déjà pas ses mosquées, pourquoi elle viendrait financer celles de la France ?", interroge Engin Seller. "Pour moi ce sont des mots que certains inventent pour se justifier (...) parce qu'ils sont contre le fait que les muslumans fassent des écoles en France."

"Heureusement qu'en France il y a la loi", poursuit-il." C'est un pays de droit qui nous autorise à construire des lieux pour pratiquer nos activités culturelles et cultuelles". 

La loi, en effet, a donné raison à la CIMG. Le Tribunal administratif de Grenoble vient d'autoriser la construction de l'école, d'où l'ire du maire. 

 

 

Un projet trop grand pour la taille de la ville 

 

D'après le président de l'association, l'édile n'aurait jamais voulu de l'école, jugeant le projet trop ambitieux.

"C'est un projet démesuré pour la ville", confirme Frédéric Burnier-Framboret au micro de France 3 Alpes. "Il va regrouper 400 élèves, sur les 1600 d'Albertville."

"Non seulement ça va faire fermer des classes de l'école laïque républicaine, mais en plus ça risque de faire fermer des écoles" alerte-t-il. 

"Depuis une dizaine d'années on n'a pas d'évolution démographique, il n'y a pas de raison de rajouter un établissement scolaire de cette ampleur dans ce quartier."

"L'idée d'une école confessionnelle musulmane n'est pas un problème en soi" promet le maire. "A Albertville on vit en harmonie (...) les personnes de toutes couleurs et de toutes confessions, je m'y emploie."

L'année dernière le maire d'Albertville avait rencontré le président de la CIMG France. Il s'était alors exprimé sur ses craintes. "Il m'ont dit vouloir faire les choses en grand pour ne pas avoir à y revenir, ce que je ne peux pas entendre". 

 

La CIMG France pointée par le gouvernement 

 

Au niveau local Frédéric Burnier-Framboret assure ne pas avoir de problèmes de discussions avec l'association, mais selon lui l'affaire a pris une ampleur nationale.

"Je ne suis pas le seul maire concerné", précise-t-il. "La CIMG France a construit 120 écoles en France (...) si j'en crois la presse française, on peut avoir quelques craintes vis à vis de cette association ".

"Pro ou pas pro turque, pour ou contre Erdogan, je ne sais pas... ça me dépasse", tempère-t-il. "Ce que je vois dans la presse nationale (...) et le fait que ce soit le président national de cette association qui vienne à Albertville pour discuter avec moi de cette école n'est pas de nature à me rassurer". 

Frédéric Burnier-Framboret fait allusion à la polémique autour des subventions publiques de la mosquée de Strasbourg. En mars, la maire EELV Jeanne Barseghian avait fait voter une importante subvention (2,5 millions d'euros) destinée à la CIMG France, qui est à l'origine du projet. 

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait vivement réagi, évoquant « une mosquée soutenue par une fédération qui défend l'islam politique » et demandant la saisine de la justice. « La mairie verte de Strasbourg finance une mosquée soutenue par une confédération qui a refusé de signer la charte des principes de l'islam de France" avait-il ajouté. 

 

 

En janvier, l'association avait effectivement refusé de signer la Charte des principes pour l’islam de France, jugeant ne pas avoir été associée à son élaboration. Cette signature pourrait être une condition d'obtention des subventions de la ville de Strasbourg, ainsi que des garanties sur la transparence des fonds destinés à financer le chantier. 

Ces polémiques interviennent également dans un contexte particulier d'adoption du projet de Loi contre le Séparatisme. Le texte a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Il est actuellement examiné au Sénat. 

Le maire d'Albertville quant à lui ne compte pas en rester là. Il devrait rencontrer Gérald Darmanin mercredi 14 avril. 

 

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