Objectif Lune : "Les conditions sont idéales", des astronautes testent un habitat spatial au lac de Tignes

Des astronautes ont testé, cette semaine du 22 janvier, un habitat spatial aux abords du lac de Tignes. La structure pourrait servir lors de futures missions sur la Lune ou sur Mars.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

C’est un engin aux allures de soucoupe volante. Toute la semaine, les abords du lac de Tignes (Savoie), à plus de 1 500 mètres d’altitude, se sont transformés en laboratoire à ciel ouvert. Des dizaines d’astronautes étaient présents pour tester un modèle d’habitat spatial conçu par une entreprise iséroise.

Des conditions idéales pour simuler une mission sur la Lune

"Il s'agit d'une simulation d'une mission sur la Lune", décrit Peter Weiss, le directeur de Spartan Space à l'origine du projet. "En termes de géologie, il était intéressant de venir à Tignes : on se trouve dans une forme de cratère, on a la neige, le froid... Les conditions sont idéales".

L'idée de cet habitat, née à Marseille il y a trois ans, est à la fois de permettre la tenue d'expériences scientifiques en conditions extrêmes, comme en Islande ou au Groenland dans un futur proche, et de former des astronautes à l'utilisation de certains équipements.

Apporter une contribution française aux missions Artémis

"Notre but est aussi d'apporter une contribution européenne ou française à des missions Artémis de la Nasa", dit Peter Weiss. "D'ici deux ou trois ans, les Américains vont marcher sur la Lune, suivis par des Chinois. On pense que l'Europe peut aussi jouer un rôle important".

Pour l'heure, le projet n'est encore qu'un modèle du futur prototype, testé pour la première fois dans un environnement extérieur aux laboratoires. Mais l'ambition, bien réelle, est de permettre à cet habitat de participer à des missions sur la Lune d'ici à 2030.

Peter Weiss affirme que l'expérience permet déjà de "tester des sous-systèmes", comme certains supports de vie à l'intérieur de la capsule, et de déterminer "ce qu'on peut mettre à l'intérieur : un équipage de deux astronautes peut y dormir, travailler, faire des sorties extravéhiculaires", comme testé ce matin-là.

À ce stade en revanche, l'extérieur est factice, au point que l'équipe de scientifiques a préféré passer une nuit de tempête de neige dans un chalet voisin par crainte que le toit ne résiste pas aux bourrasques.

Proposer l'habitat comme service à la Nasa

L'opération suscite en tout cas la curiosité des promeneurs, comme cette Anglo-Espagnole venue à Tignes pour la saison. "Je suis professeur de biologie, donc la physique n'est pas vraiment mon domaine, mais (...) c'est très intéressant comme expérience", dit-elle en promenant son chien.

L'habitat, nommé Eurohab, est conçu pour entrer dans une fusée, atterrir seul, sans personne à son bord. Autre objectif, proposer l'habitat comme "service", pas forcément pour le vendre à une agence. "Il pourrait servir à de futures missions, un peu comme SpaceX fournit un service de transport à la Nasa", imagine Peter Weiss.

Développé dans le cadre du programme Tech The Moon du CNES et soutenu par l'agence spatiale européenne, le projet a notamment été présenté dans la cour de l'Assemblée nationale cet été.