Savoie : une collégienne rouée de coups et filmée à Albertville, la famille porte plainte

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Écrit par Antoine Belhassen avec Damien Borrelly
La jeune fille a été agressée aux abords de son établissement, le collège Jean Moulin à Albertville, le 9 novembre dernier.
La jeune fille a été agressée aux abords de son établissement, le collège Jean Moulin à Albertville, le 9 novembre dernier. © FTV

Une enquête est en cours après l'agression d'une jeune fille de 13 ans à Albertville. Blessée et traumatisée, elle s'est vue prescrire 30 jours d'ITT. Sa famille a porté plainte pour mettre fin à cet "acharnement".

Une collégienne de 13 ans a été rouée de coups, le 9 novembre dernier, en pleine rue d'Albertville (Savoie) par trois autres adolescentes. La scène de violence a été filmée puis postée sur les réseaux sociaux. La famille de la victime a fait savoir, ce jeudi 18 novembre, journée nationale contre le harcèlement scolaire, qu'elle portait plainte contre les trois jeunes femmes suspectées d'être à l'origine de l'agression.

Les faits se sont produits en pleine journée aux abords de l'établissement de la jeune fille, le collège Jean Moulin. La vidéo en question la montre à terre. Les trois assaillantes, scolarisées au collège Jeanne d'Arc l'empêchent de se relever et lui assènent des coups de pied, pendant plusieurs dizaines de secondes. Une quatrième personne tente de s'interposer mais se fait repousser par le petit groupe.

"On ne comprend pas comment ils arrivent à être aussi violents. Ce ne sont que des enfants", réagit Catherine Deleurence, proviseure du collège Jean Moulin. Elle explique notamment que la victime avait été scolarisée dans son établissement après avoir déjà été la cible de cyberharcèlement dans son ancien collège après la divulgation d'une vidéo à caractère intime.

À la suite de cette attaque, la jeune fille a été reçue aux urgences. Elle s’y est vue prescrire 30 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Elle a rapidement voulu revenir en cours, précise la cheffe d'établissement : "Mais il lui faut un temps de récupération, de reconstruction. Il faut qu'elle reste au côté de sa famille."

"Ma fille m'a dit qu'elle s'était vue mourir"

La jeune fille aurait connu ses trois assaillantes dans son ancien établissement. La mère de l'adolescente ne comprend pas "l'acharnement" dont sa fille est victime. "C'est un drame pour elle, mais pour nous aussi en tant que parents", réagit Moufida, la mère de la victime, au micro de France 3 Alpes. "Ma fille m'a dit qu'elle s'était vue mourir, qu'elle s'était vue partir. Elles se sont acharnées sur elle, elle ne pouvait rien faire."

La jeune fille souffre de très nombreux bleus, de la nuque jusqu'aux jambes, et "s'est fait arracher des cheveux". Malgré cela, "tout ce qu'elle veut, c'est retourner au collège et continuer sa vie normalement", insiste sa maman.

Angoissée, Moufida souligne que les agresseurs de sa fille sont eux-mêmes mineurs. "Ils se croient au-dessus de la loi, pensent qu'ils ont le droit de faire ce qu'ils veulent, mais non. Ca suffit le harcèlement. Ca suffit les agressions", s'emporte-t-elle. "Ils se savaient filmés. La vidéo de l'agression a tourné et pour eux, j'ai l'impression que c'est quelque chose de normal, de banal. Je veux que la justice fasse quelque chose."

Une seconde procédure

Révélée ce jeudi, journée nationale contre le harcèlement scolaire, cette violente agression fait l'objet d'une enquête menée par la police d'Albertville et le parquet des mineurs de Chambéry.

Les investigations n'ont pour l'heure "pas permis de déterminer la motivation de cette série de violences", a précisé le procureur Pierre-Yves Michaud.

L'enquête vise également l'"enregistrement et diffusion d'images relatives à la commission d'une atteinte volontaire à l'intégrité d'une personne", selon la même source. D'après le parquet de Chambéry, la collégienne est concernée par une seconde procédure, ouverte après la divulgation sur les réseaux sociaux d'une vidéo à caractère sexuel la mettant en scène, et qui a mené en mai à plusieurs garde à vue.

"Aucun lien entre les deux affaires n'a été établi à ce jour", a précisé Pierre-Yves Michaud.

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