"Ca a été un coup de massue" : une éleveuse savoyarde en difficulté après l'abattage de tout son cheptel de poules

Une éleveuse d'Apremont a dû faire abattre ses 900 poules après un test positif à la salmonelle. Une cagnotte a été lancée pour l'aider à faire face à ses difficultés financières. Elle se bat également pour faire évoluer la loi qui encadre la lutte contre cette bactérie.

Dix jours plus tard, Agnès Suptil est toujours sous le choc. "Ca a été un coup de massue", raconte l'éleveuse qui a dû procéder à l'abattage de l'ensemble de son cheptel, 900 poules, après un test positif à la salmonelle. Cette bactérie, à l'origine de la salmonellose, peut entraîner des intoxications alimentaires chez l'homme en cas d'ingestion d'aliments contaminés. Elle a été détectée dans la litière d'un des quatre bâtiments de l'éleveuse bio installée à Apremont.

Ses poules, normalement élevées en plein air, sont confinées dans leur bâtiment depuis l'épizootie de grippe aviaire en novembre. Elles ne sont donc pas en contact les unes avec les autres. Mais toutes ont dû être abattues par mesure de précaution. "Au lieu de procéder à un deuxième prélèvement pour confirmer la présence de la salmonelle, on m'a imposé l'abattage de tout le cheptel", regrette Agnès Suptil.

Et l'éleveuse savoyarde se retrouve aujourd'hui dans une situation quasi-insurmontable avec près de 20 000 euros de pertes. Raison pour laquelle une cagnotte en ligne a été ouverte par des membres de La Bio d'ici, plateforme coopérative de produteurs dont elle est membre. "La structure a souhaité tout mettre en place pour l'aider", raconte Emmanuelle Caillat, à l'origine de l'initiative.

Plus de 3 000 euros ont à ce jour été perçus. "Sans cette cagnotte, ce n'était pas la peine de continuer", juge Agnès Suptil. Au-delà de ce coup dur, l'éleveuse se bat pour faire changer la loi relative à la lutte contre les infections à salmonelle. Un texte qu'elle estime injuste car, depuis 2018, il ne permet plus de procéder à des analyses de confirmation, c'est-à-dire la réalisation d'un deuxième test pour confirmer la présence de la salmonelle.

 

Faire évoluer la loi

En Rhône-Alpes, 77 000 poules pondeuses ont été abattues à titre préventif ces derniers mois. Et au niveau national, le nombre d'abattages augmente d'après quatre associations et confédérations qui ont écrit à une responsable de la Direction générale de l'Alimentation (DGAL). "La réglementation salmonelles dans sa version actuelle constitue un couperet inacceptable pour ces élevages", estiment-elles dans ce courrier, demandant notamment l'indemnisation des élevages concernés.

"Mon assurance n'a pas marché dans ce cas, parce que ce n'est pas un accident, explique Agnès Suptil. Le seul moyen d'être indemnisé, c'est de souscrire à la charte sanitaire mais c'est beaucoup trop cher pour un petit élevage comme le mien. Ca ne concerne que les gros producteurs." Pendant encore quatre mois, l'éleveuse va devoir nettoyer et désinfecter ses locaux pour se conformer aux contrôles sanitaires.

Elle espère que l'argent récolté grâce à la cagnotte lui permettra de rentrer dans ses frais pour acheter un nouveau lot de poules et vendre, de nouveau, des œufs fermiers aux magasins locaux et particuliers.

 

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