Chambéry : l'association APEI demande au gouvernement de vacciner les personnes handicapées vivants en structures

L’APEI de Chambéry, qui accompagne des personnes handicapées mentales, a envoyé une lettre ouverte à la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées. Elle demande l'ouverture de la vaccination pour toutes les personnes vivants en communauté dans des structures spécialisées.

© Guillaume Bonnefont/MAXPPP

Depuis le mois de février, les adultes atteints de trisomie 21 et les personnes en situation de handicap hébergées en maisons d'accueil spécialisées ou foyers d'accueils médicalisés peuvent se faire vacciner. Mais ce protocole reste "très lacunaire" pour l’APEI de Chambéry, qui accompagne 600 personnes en situation de handicap et gère des structures comme des Instituts Médico-Educatifs ou des ESAT (établissement et service d’aide par le travail).

Dans une lettre ouverte adressée à Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes handicapées, l’association regrette que tous les résidents accueillis en milieu collectif ne soient pas concernés. "La particularité de notre secteur est à la fois une vie collective, et une dépendance, qui freinent l’efficacité des mesures barrières. Par ailleurs, les personnes en situation de handicap mental présentent souvent une santé plus fragile que la population en général", écrit Raymond Mieusset, président de l’association, dans sa lettre ouverte.

 

Un risque de rupture

Les clusters provoquent aussi des ruptures d’accompagnement. A Chambéry, deux foyers de contamination ont été identifiés dans un ESAT et dans un foyer d’hébergement. "Plusieurs travailleurs sont contraints de rester dans leur foyer et n’ont plus rien à faire, se désole Guillaume Pelletier, directeur général de l’association. Certains ont vécu cette situation pendant le premier confinement et ne sont jamais revenus travailler".

Dans l'un des ESAT de l'APEI de Chambéry, où sont employés des travailleurs en situation de handicap.
Dans l'un des ESAT de l'APEI de Chambéry, où sont employés des travailleurs en situation de handicap. © APEI Chambéry

Les gestes barrières sont très difficiles à faire respecter dans ces structures, car les personnes en situation de handicap ne sont pas toujours en capacité de porter le masque ou de comprendre la situation sanitaire. D’où l’importance de les faire vacciner rapidement.  

 

Décision de dernière minute

Ce vendredi 16 avril, Sophie Cluzel a finalement annoncé sur Public Sénat que les personnes en foyer de vie et foyer d’hébergement deviendraient prioritaires pour la vaccination. "On avance par priorité, c'est comme ça qu'on est le plus efficace, a-t-elle justifié. Donc maintenant, on élargit". 

Le protocole est en cours d’actualisation mais, pour Guillaume Pelletier, il reste insuffisant. "Cela signifie que les externes d’ESAT et les personnes bénéficiant des accueils de jour ne peuvent toujours pas être vaccinés. C’est dommage que tout se fasse à petit pas, car à l’échelle de la Savoie, ce ne sont que quelques centaines de doses…"  

Les membres de l’association espèrent que la lettre ouverte adressée à la secrétaire d’Etat permettra, une fois pour toutes, d’élargir la liste des personnes éligibles à la vaccination à tous leurs résidents.

 

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