Collégienne défigurée à Chambéry : Anna-Chloé était "harcelée", selon son avocat

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Écrit par M.D. avec AFP
Anna-Chloé, la collégienne de Chambéry qui a été gravement blessée en chutant sur un banc, était "harcelée", selon l'avocat de la famille. (Illustration)
Anna-Chloé, la collégienne de Chambéry qui a été gravement blessée en chutant sur un banc, était "harcelée", selon l'avocat de la famille. (Illustration) © SALESSE FLORIAN / MAXPPP

L'avocat de la famille d'Anna-Chloé affirme que la jeune fille était victime de "harcèlement" dans son collège de Chambéry. Mais selon l'avocat de l'établissement, "rien n'est remonté à la direction".

Anna-Chloé a-t-elle été harcelée ? L'adolescente, grièvement blessée dans son collège de Chambéry en décembre, s'est dite victime d'une agression raciste tandis que le parquet maintient la thèse de la chute. Selon l'avocat de la famille, la jeune fille subissait un "harcèlement" depuis la rentrée.

L'avocat de l'établissement a lui relativisé ce harcèlement présumé. Il maintient que, lors de l'accident du 15 décembre, tous les témoignages et éléments de l'enquête venaient corroborer que la jeune Anna-Chloé était tombée seule contre un banc.

Lors d'une intervention dans l'émission Touche pas à mon poste sur C8 mardi 4 janvier, Me Mourad Battikh, avocat de la famille, a évoqué plusieurs épisodes sur "deux-trois mois" attestant que l'adolescente, d'origine camerounaise, a vécu "graduellement (...) un harcèlement". Il cite ainsi son échec à l'élection des déléguées de classe, où elle n'obtient "qu'un vote, le sien", puis le fait qu'à la cantine elle sera "exclue, esseulée", car "on la traite de grosse".

L'avocat évoque surtout un incident le 29 novembre où "elle va être molestée, on lui entre la tête dans un casier en la traitant de 'grosse baleine noire'". Mais une élève témoin de la scène "n'a pas été auditionnée", a affirmé Me Battikh, critiquant le parquet qui voudrait "démontrer une seule thèse, celle d'Anna-Chloé tombant d'elle-même sur un banc". Il a par ailleurs maintenu que Anna-Chloé avait été "poussée par derrière" et avait "buté sur le banc en acier" dans la cour.

"Rien n'est remonté à la direction"

Avant lui, dans la même émission, Pierre Perez, avocat du proviseur et de l'établissement, avait affirmé : "Qu'il y ait quelques mots entre enfants de 11 ans, c'est tout à fait possible. Mais rien n'est remonté à la direction", y compris dans des échanges de mails entre la mère et le collège.

"Je le découvre !", a-t-il dit sur l'incident du 29 novembre. Il a également parlé d'un "gros mensonge" de la jeune fille en début d'année à propos de sa scolarité. Sur le même plateau, celle-ci avait répété lundi avoir été poussée dans le dos au milieu de moqueries.

Mais le parquet d'Albertville, que Me Perez a cité, a réaffirmé mardi que les déclarations de l'élève et de sa mère "sont contredites par tous les éléments recueillis à ce jour dans le cadre de l'enquête, et en particulier les nombreux témoignages recueillis auprès des enseignants et des élèves qui ont pu assister à tout ou partie de la scène". "Aucun ne corrobore la version d'une agression".

Et selon un surveillant, témoin, Anna-Chloé courait pour rejoindre ses camarades déjà rentrés en classe, tandis qu'un de ses lacets était dénoué. En décembre, l'affaire a enflammé les réseaux sociaux et le directeur du collège, qui a reçu des "menaces de mort", est "sous protection policière", selon son avocat, qui évoque également "une équipe enseignante au bord de la rupture". Il compte déposer plainte contre la mère d'Anna-Chloé qui a diffusé l'adresse privée du directeur d'établissement.

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