Coronavirus : "l'inquiétude monte, ce n’est plus le temps des polémiques", témoigne une Italienne installée à Chambéry

Depuis lundi 9 mars, l'Italie est entièrement confinée pour tenter de limiter la propagation de l'épidémie de coronavirus. Une situation exceptionnelle que Fabiola Viani, enseignante franco-italienne installée à Chambéry, nous raconte à travers le quotidien de ses proches.
Rome, mardi 10 mars.
Rome, mardi 10 mars. © ALBERTO PIZZOLI / AFP
"Tout le monde fait preuve de civisme et respecte les consignes en Italie. Ce n'est plus le temps des polémiques." Fabiola Viani, professeure d'italien installée à Chambéry, en Savoie, téléphone plusieurs fois par jour à sa famille et à ses amis italiens pour prendre de leurs nouvelles. 
 
Depuis lundi 9 mars, tout le pays est sous cloche, chacun est confiné chez soi afin de tenter de réduire la propagation de l'épidémie de coronavirus, qui a déjà contaminé plus de 10 100 personnes et fait 631 morts dans la péninsule.

#iorestoacasa : "je reste à la maison"

"Il y a quelques jours encore, ma maman faisait de l’aquagym à la piscine, il y avait déjà des écoles fermées. Mais maintenant, mes parents sont confinés chez eux. Il y a une certaine solidarité dans leur quartier, mais l’inquiétude monte", reprend Fabiola Viani.
 
Le hastag #iorestoacasa, "je reste à la maison", rassemble les témoignages d'Italiens bloqués chez eux. Chacun s'occupe comme il peut. "Des amis m’ont envoyé des photos de la manière dont ils s’organisent à la maison. Il y en a qui font du repassage. Ils essaient de prendre la situation avec une certaine légèreté, mais tout le monde reste quand même inquiet." 


"Fermer les écoles n'a pas empêché les jeunes de sortir"

L'un des proches de Fabiola, Pietro, enseignant dans la région de Vénitie, l'un des premiers foyers épidémiques italiens, témoigne : "Il y a des nouvelles de plus en plus claires : il y a des cas de maladies graves parmi les jeunes."

"Pietro, en tant que professeur, a remarqué que le fait d’avoir fermé les écoles n’a pas empêché les jeunes de sortir et de se rencontrer. Donc ça a été un vecteur possible de transmission, explique la Franco-Italienne. Il paraît qu’il y a aussi des jeunes qui sont tombés malades, alors que jusqu’à maintenant on parlait surtout de personnes âgées."
 
Malgré l'épidémie, les Italiens continuent à aller travailler. "Des amis qui habitent à Milan m’ont dit qu’ils continuaient à travailler, mais c’est très pénible, car une fois qu’on est rentré dans l'entreprise, on ne peut pas en sortir pour aller s’acheter son repas, on rentre et on sort avec les masques etc. Par contre, les trajets pour aller au travail sont beaucoup plus fluides ! Mais c’est difficile sur place."

 
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