Incendie mortel de Courchevel : le parquet de Chambéry demande la mise en examen du propriétaire de l’immeuble

Près de 2 ans après l'incendie d'un bâtiment qui a fait deux morts et 24 blessés parmi les saisonniers de Courchevel, le parquet de Chambéry a demandé au juge d’instruction de mettre en examen le propriétaire de l’immeuble. Les normes incendie n’auraient pas été respectées.

L’enquête se poursuit pour pointer les responsabilités suite au violent incendie qui a causé la mort de deux personnes à Courchevel.

Peu avant le deuxième anniversaire du drame, qui s’est produit dans la nuit du 20 janvier 2019, le parquet de Chambéry a demandé au juge d’instruction de mettre en examen Eric Tournier, le propriétaire de l’immeuble. Selon nos confrères de RTL, ce dernier pourrait être mis en examen pour "hébergement de travailleurs dans un local non conforme", "non-respect des règles d'entretien des bâtiments d'habitation" et "homicides et blessures involontaires par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence".

Contacté ce lundi 11 janvier, Pierre-Yves Michaud, procureur de la République de Chambéry, confirme l’information à demi-mot, rappelant qu’il est trop tôt pour communiquer dans une enquête en cours. "Le juge d’instruction a été saisi pour des manquements constatés, a-t-il toutefois reconnu. On lui a demandé d’instruire les responsabilités en lien avec ces manquements. Les propriétaires du bâtiment sont bien concernés par cette saisine supplétive du magistrat instructeur".

Selon RTL, un rapport d’expertise judiciaire démontrerait que des travaux de sécurisation n’avaient jamais été réalisés dans l’immeuble, malgré la demande d’une commission de sécurité. Ces manquements aux normes de sécurité auraient par la suite favorisé la rapide propagation des flammes.

 

Un immeuble vétuste ?

Cet immeuble situé au cœur de Courchevel n'accueillait que des saisonniers qui travaillent dans la station. Cet ancien hôtel n'était apparemment plus aux normes pour héberger des clients, mais pouvait tout de même servir de logement pour le personnel.

Une soixantaine de saisonniers étaient hébergés dans ce bâtiment, qui appartient au groupe Tournier, un homme d'affaire local, propriétaire de plusieurs hôtels de luxe, et de restaurants dans la station et à Saint-Tropez.

Peu après le drame, plusieurs saisonniers avaient dénoncé la vétusté du bâtiment, parlant "d'un immeuble en très mauvais état, indigne de loger du personnel, et sans alarme incendie". 

 

Une instruction complexe

Pour rappel, deux enquêtes sont en cours dans cette affaire. Dans celle concernant la sécurité du bâtiment, ce sont donc les propriétaires de l’immeuble qui devront répondre devant la justice de tous ces manquements aux normes incendie.

La deuxième concerne la responsabilité de l’incendiaire, qui a mis le feu à l’immeuble. Le principal suspect est un homme de 22 ans. Il est poursuivi pour "incendie ayant entraîné la mort, destruction par incendie ayant entraîné une ITT supérieure 8 jours et détention d'arme". Il était connu des services de police pour des faits liés au trafic de drogue.

 

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