Procès Lelandais : les parents d'Arthur Noyer lancent un appel à l'État, Eric Dupond-Moretti leur répond

Les parents d'Arthur Noyer craignaient que leurs proches ne puissent pas se rendre au procès de Nordahl Lelandais, accusé du meurtre du jeune militaire, à cause des restrictions de déplacement. Le ministre de la Justice a assuré sur RTL qu'ils pourraient assister à l'audience.

Les parents d'Arthur Noyer, Didier et Cécile Noyer, le 20 février 2020 au jardin des Près-Fichaux de Bourges.
Les parents d'Arthur Noyer, Didier et Cécile Noyer, le 20 février 2020 au jardin des Près-Fichaux de Bourges. © Pierrick DELOBELLE / MAXPPP

"Ca a mis du soleil dans notre journée", souffle Cécile Noyer-Maltet. La mère du caporal Arthur Noyer, tué dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, a appris mercredi 21 avril que tous ses proches pourraient venir assister au procès de Nordahl Lelandais, malgré les contraintes sanitaires.

Le trentenaire de Domessin va comparaître à partir du 3 mai devant les assises de la Savoie pour le meurtre d'Arthur Noyer. Et les parents de la victime craignaient que les règles du confinement empêchent certains de leurs proches d'assister à l'audience.

"Ce sont des membres de notre famille, des amis, des amis des enfants qui ont besoin d'être là. Mais ils habitent à plus de 30 km de Chambéry", nous explique Cécile Noyer-Maltet. Mardi, le couple a lancé un appel à l'Etat, demandant à pouvoir dépasser les limites de déplacement pour ce procès.

"Les copains d'Arthur et de Quentin, son frère. Ce n'est pas en les bloquant qu'ils vont pouvoir faire leur travail de deuil", écrivent les parents du jeune militaire dans une lettre que France Bleu Pays de Savoie a pu consulter. Au lendemain de cet appel, Eric Dupond-Moretti a répondu aux inquiétudes de la famille.

 

"Motif impérieux"

Le ministre de la Justice était l'invité de RTL mercredi, il a été interpellé par Didier Noyer. "La mémoire d'Arthur, notre profonde souffrance depuis 4 ans, justifierait que nos amis, ceux d'Arthur, puissent venir au palais sans risquer une amende, voire une injonction de faire demi-tour", a déclaré le père de la victime.

Et le garde des Sceaux a balayé les craintes du couple. "Votre émotion est perceptible et j'y suis évidemment sensible. Je pense qu'on est dans le motif impérieux qui permet à la famille d'assister à ce procès et aux amis proches également", a-t-il jugé au micro de RTL, avant d'ajouter : "M., je pense que, sans aucune difficulté, on est là dans quelque chose qui est de l'ordre de l'impérieux et du légitime. Il n'y aura strictement aucune difficulté à ce que vous puissiez, vous et les amis de votre fils, assister à ce procès."

"On est très soulagés", nous confie Cécile Noyer-Maltet pour qui cette question était "une source d'angoisse avant le procès". L'audience va s'ouvrir dans quelques jours à la cour d'assises de la Savoie. Un procès hors norme dans un contexte inédit. Mais la première présidente de la cour d'appel de Chambéry, Chantal Ferreira, se veut claire : tout sera mis en œuvre pour que ce procès se déroule comme les autres.

 

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