Tests massifs en Auvergne-Rhône-Alpes : "Il ne faudrait pas faussement rassurer les gens", nuance un infectiologue

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Écrit par Margot Desmas et Damien Borrelly
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a annoncé lancer une campagne de dépistage massive pour Noël. (Illustration)
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a annoncé lancer une campagne de dépistage massive pour Noël. (Illustration) © Philippe LOPEZ / AFP

Infectiologue à l'hôpital de Chambéry, le Dr Olivier Rougeaux estime que la campagne de dépistage massive annoncée par le président de région ne doit pas se faire dans la précipitation. Il rappelle que la priorité est de tester les personnes présentant des symptômes et l'entourage des malades.

Deux à quatre millions de tests pour Noël en Auvergne-Rhône-Alpes. C'est la promesse du président de la région la plus touchée par la deuxième vague de Covid-19, Laurent Wauquiez (LR). Cette campagne de dépistage gratuite vise selon lui à "protéger au maximum les aînés en détectant un maximum de contaminateurs et de mettre un coup d'arrêt à la circulation du virus". Une décision qualifiée "d'effet d'annonce" par le ministre de la Santé Olivier Véran, alors que ni l'Agence régionale de santé ni la préfecture n'ont été prévenues.

Il s'agirait en majorité des tests antigéniques, également de PCR et "peut-être aussi d'autres tests qui sont en cours de labellisation", fait savoir le président de région dans une interview à la presse locale. Des propos que certains professionnels de santé tiennent à nuancer.
   
"Il ne faudrait pas faussement rassurer les gens en disant qu'on fait des tests", prévient le docteur Olivier Rougeaux, infectiologue au Centre hospitalier métropole Savoie (CHMS) à Chambéry, jugeant que "ça serait un coup d'épée dans l'eau de faire [un dépistage massif, NDLR] aujourd'hui" au vu de la circulation toujours active du virus.

 

"Tester d'abord les positifs"


Il appelle à "remettre les tests antigéniques dans leur indication", à savoir pour les personnes présentant des symptômes depuis quatre jours. "Au-delà, la quantité de virus étant trop faible, le test antigénique peut être faussement négatif alors que la personne est réellement porteuse du virus et peut le transmettre", rappelle le Dr Rougeaux.
 
Le plateau épidémique commence tout juste à se dessiner en Auvergne-Rhône-Alpes où les hôpitaux débordent encore de patients, particulièrement en Savoie qui reste l'un des départements les plus touchés par l'épidémie. Un pic de 7 000 hospitalisations a été atteint ce week-end dans la région et les autorités ont dû organiser plus de 100 transferts de patients vers des hôpitaux d'autres régions. Or, mener une large campagne de test mobiliserait un grand nombre de soignants, déjà occupés à soigner les malades.

"Un test antigénique, il faut au moins une vingtaine de minutes pour le réaliser, rappelle l'infectiologue chambérien. Si vous multipliez 20 minutes par 8 millions d'habitants, pour l'instant, la logistique va être à mon avis difficile à mettre en œuvre." L'initiative est bonne à garder mais "en l'organisant tranquillement et en le faisant dans de bonnes conditions".

"Le message qu'on fait passer, c'est de tester d'abord les positifs. Tous les gens qui ont des symptômes, testons-les rapidement. Repérons les contacts, testons-les. Déjà, c'est un énorme boulot", estime le Dr Olivier Rougeaux. En Savoie, entre 4 000 et 5 000 nouveaux cas de coronavirus sont détectés chaque semaine avec une moyenne de trois personnes contact par malade. "Dans un deuxième temps, pour l'ouverture des stations, pour la population générale, pour Noël, on verra."

 

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