Coronavirus : des soirées huppées à Courchevel à l'origine de la propagation du Covid-19 en Ukraine et en Russie ?

Des membres de la haute société ukrainienne et russe auraient été infectés par le coronavirus à Courchevel. Photo d'illustration. / © Richard MOUILLAUD / MAXPPP
Des membres de la haute société ukrainienne et russe auraient été infectés par le coronavirus à Courchevel. Photo d'illustration. / © Richard MOUILLAUD / MAXPPP

Des soirées ayant réuni de riches Russes et Ukrainiens au début du mois de mars à Courchevel (Savoie) sont désignées comme étant à l'origine de la propagation du coronavirus au sein de l'élite dans certains pays d'Europe de l'est. 

Par Margot Desmas

L'Ukraine compte moins d'un millier de cas de coronavirus, mais ses centres hospitaliers sont déjà presque dépassés par l'afflux de malades. Comptant parmi les pays les plus pauvres d'Europe, son système de santé fragile est menacé par l'épidémie de Covid-19, dont plusieurs cas ont été détectés chez des membres de la haute société ukrainienne.

Députés, juges et membres du gouvernement ont été les premiers touchés dans le pays, avant que la contagion ne s'étende. Et s'ils avaient été infectés lors de soirées huppées à Courchevel ? C'est ce qu'affirme le réputé magazine ukrainien Novoe Vremya dans un article paru jeudi 2 avril, et repéré par France Bleu Pays de Savoie.

Tout se serait noué lors de soirées organisées autour du 8 mars, pour la Journée du droit des femmes. Un événement important en Ukraine où la date a été déclarée jour férié. Et la tradition veut que l'élite en profite pour passer quelques jours dans la station de ski savoyarde de Courchevel. "Il y a même des règles informelles : du 1er au 10 mars, les Russes font la fête dans la station, et du 7 au 15, c'est les Ukrainiens", écrit le magazine Novoe Vremya.
 

Plusieurs hommes politiques ukrainiens ont confirmé à la presse s'y être rendu, de même que des personnalités russes. A tel point que le maire de Moscou Sergueï Sobianine a directement désigné la station savoyarde comme vecteur de la contagion dans sa ville : "Beaucoup de (Russes) ont visité Courchevel, ils ont ramené le virus dans leurs valises". Une version soutenue par le président de la République de Biélorussie, pays qui compte quelques centaines de cas de Covid-19. Le chef d'Etat évoque "beaucoup d’oligarques (qui) ont apporté le virus d’un voyage coûteux à Courchevel, ce qui a causé une vague supplémentaire d'indignation au sein du peuple".

 

"Plusieurs cas positifs" dans la station


La contagion aurait eu lieu lors de soirées dans des restaurants et discothèques huppées de la station, toujours selon la même source. Certains, à l'image du restaurant Le Cap Horn, organisaient des soirées spéciales "Women's Day" (journée de la femme) qui ont réuni de nombreux convives. Une soirée festive à La Mangeoire a également rassemblé bon nombre de personnalités russes et ukrainiennes.

"Certains de ceux qui sont revenus de France ont dit à (Novoe Vremya) qu’ils avaient vu les serveurs tousser dans les restaurants", peut-on lire dans le même article. Contactés par France 3 Alpes, les propriétaires de ces enseignes, fermées depuis l'entrée en vigueur des mesures de confinement, n'ont pas encore donné suite à nos sollicitations. On sait toutefois que "plusieurs cas positifs ont été observés sur la commune", comme l'écrivaient les services de la ville sur Facebook le 22 mars, sans donner plus de précision.
 

Entre le 13 et le 26 mars, peu de temps après ce séjour à Courchevel, une clinique privée ukrainienne aurait confirmé 13 cas de coronavirus. Les tests, dont le prix est très élevé, ont "confirmé aux riches leurs craintes (...) Ils ont attrapé (le coronavirus) là-bas", a confié Andrey Palchevsky, le fondateur de cette clinique au magazine Novoe Vremya. Le virus se serait ensuite propagé, notamment au sein du parlement ukrainien.

"J'ai entendu des anecdotes similaires à Moscou. Depuis des années, Courchevel est "l'endroit" où passer les vacances de ski en plein hiver (...) et il semble que cette année s'est avérée être une boîte de pétri pour la propagation du coronavirus", raconte un journaliste, correspondant du New Yorker à Moscou, sur Twitter.
 

 

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