Lyon-Turin : "Tous les feux sont au vert", un accord de dernière minute trouvé pour obtenir des subventions européennes

Un accord de financement des études du tracé français du Lyon-Turin a été trouvé ce lundi entre l'Etat et les collectivités locales. Une demande de subvention pourra ainsi être formulée auprès de l'Union européenne. Le coût total du projet ferroviaire a été évalué à plus de 26 milliards d'euros en 2021.

Un accord de dernière minute pour le Lyon-Turin. Le financement des études du tracé français de la liaison ferroviaire pourra être présenté dans les temps à Bruxelles, ouvrant la voie à d'importantes aides de l'Union européenne.

Cet "accord ambitieux et global a été trouvé le 29 janvier avec Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes", ce qui "permet de débloquer la demande de subvention" européenne, a annoncé lundi 29 janvier Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique actuellement en charge des Transports. Il salue dans un communiqué une "étape-clé du financement de ce projet franco-italien majeur pour la décarbonation du transport frontalier".

"On n'est pas passé loin de la catastrophe, je suis satisfait car tous les feux sont au vert", a déclaré pour sa part à l'AFP le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes en se félicitant d'"un accord gagnant pour tout le monde".

"Je salue l’accord trouvé par l’État et les collectivités pour boucler le financement des études d’avant-projet détaillé des accès français du Lyon-Turin", déclare dans un communiqué le président du Conseil départemental de la Savoie, Hervé Gaymard, ajoutant que son département contribuera à ce financement "à hauteur de 3 millions d’euros".

Accord de dernière minute

La semaine dernière, il manquait encore 40 millions d'euros pour boucler le budget de 220 millions d'euros pour les études du tracé français de la ligne ferroviaire transalpine et du contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (le "CFAL-Nord").

Pour que l'Union européenne apporte 90 millions, Paris devait présenter d'ici mardi un financement initial de 130 millions. L'Etat avait promis 65 millions mais le tour de table des collectivités locales n'avait permis de récolter que 25 millions d'euros. Lors des dernières discussions, l'Etat avait proposé de prendre la moitié des 40 millions manquants si les collectivités faisaient un effort supplémentaire.

Dimanche soir, à l'avant-veille de la clôture de dépôt des dossiers à Bruxelles, Laurent Wauquiez avait proposé de rajouter les 20 millions manquants à condition que l'Etat augmente de 100 millions d'euros à 720 millions ses investissements dans le plan Etat région sur les mobilités.

Des investissements pour le ferroviaire

Laurent Wauquiez dit avoir eu gain de cause puisque, selon lui, "l'Etat augmente ses investissements sur les mobilités notamment sur les petites lignes ferroviaires, avec 50 millions d'euros en plus, sur les voies vertes 30 millions et sur l'entretien des ouvrages d'art, 25 millions".

Selon le ministère, "l'Etat et la Région augmentent leurs engagements respectifs de plus de 70 millions d'euros supplémentaires" dans le contrat plan pour les porter à 690 millions chacun. L'accord concerne aussi, à plus court terme, la modernisation de la ligne Paris-Clermont, selon la même source.

Porté par l'Union européenne, le chantier du Lyon-Turin vise à augmenter le fret ferroviaire à travers les Alpes, avec 150 km de voies en France, 60 km en Italie et un tunnel de 57,5 km. Son coût, en constante augmentation depuis son lancement il y a trente ans, a été évalué à plus de 26 milliards d'euros en 2021.

Ses opposants dénoncent un projet "pharaonique" et "néfaste" pour l'environnement, ses soutiens assurent qu'il participera à la décarbonation en retirant plus d'un million de camions des routes au profit du rail.