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Savoie : les autorités abattent 4 chèvres naines errantes par précaution, le propriétaire “dégoûté”

Les cinq biquettes erraient dans la montagne depuis des mois. / © DR.
Les cinq biquettes erraient dans la montagne depuis des mois. / © DR.

La préfecture de Savoie a ordonné, ce mardi 6 août 2019, l'abattage de quatre chèvres naines qui s'étaient échappées d'un enclos à Val-d'Isère et qui erraient dans la montagne. Une "précaution" pour éviter une éventuelle contamination des bouquetins. Le propriétaire est choqué et "dégoûté".

Par Yann Gonon

Les quatre chèvres de cet habitant de Val-d'Isère s'étaient échappées et erraient dans la montagne près du parc de la Vanoise, en Savoie. Elles ont finalement été abattues. Les autorités craignaient que les animaux propagent la brucellose, une maladie qui touche notamment les bouquetins.

"J'ai entendu les coups de fusils et j'ai tout de suite compris". Ce mardi 6 août 2019, il est à peine 6h30 du matin lorsque les coups de feu retentissent dans la montagne. Stéphane sait que ses chèvres viennent de subir le sort qu'il tentait de leur éviter depuis des mois.

Il se précipite à l'extérieur, grimpe sur la montagne et constate la mort de ses "biquettes". Les hommes de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), aidés de lieutenants de louveterie et d'un agent du Parc national de la Vanoise viennent d'abattre, malgré l'opposition de la Ville de Val-dIsère, les chèvres naines qui empoisonnent depuis des mois ses relations avec le parc.

 

Elles venaient manger sur les genoux


Cela fait plus d'un an que les quatre chèvres naines se sont échappées de l'enclos que Stéphane leur avait construit près de chez lui à Val-d'Isère. Roméo et Juliette, c'est le nom des deux premières biquettes que lui et son épouse se sont vus offrir en cadeau de mariage, ont vite donné naissance à trois petits.

De véritables "animaux domestiques" que ces cinq "biquettes" qui "venaient manger sur les genoux" raconte Stéphane, mais qui ont vite eu des velléités d'indépendance. "L'été dernier, elles se sont échappées" explique leur propriétaire. 
 
Les chèvres naines "venaient manger sur les genoux" / © DR.
Les chèvres naines "venaient manger sur les genoux" / © DR.

Les animaux semblent goûter à la liberté et deviennent vite inapprochables au fil des mois. Stéphane et son épouse en prennent leur parti et décident de les laisser gambader dans la montagne puisque "elles avaient l'air heureuses".

Problème, les animaux franchissent régulièrement les limites de la réserve naturelle nationale de la Bailletaz gérée par le Parc de la Vanoise. A l'occasion d'un décompte des bouquetins du secteur en janvier dernier, le Parc découvre leur existence. Il contacte une première fois le propriétaire qui profite de la neige pour récupérer l'une des "biquettes", les autres en profitant pour fuir à nouveau. En mars, le maire de Val-d'Isère le met en demeure d'aller chercher les quatre autres.

 

Risque de transmission de la brucellose


Les relations avec le Parc de la Vanoise s'enveniment. La préfecture est saisie, et le 8 juillet dernier, un arrêté préfectoral est pris réclamant "l'abattage de ces caprins". Ce que redoutent les autorités, c'est "le risque de transmission de maladies telles que la brucellose aux animaux sauvages et notamment les bouquetins".

Les chèvres naines n'ont effectivement pas été vaccinées, Stéphane en convient, mais selon lui d'autres solutions que l'abattage auraient pu être trouvées. Il affirme avoir proposé par exemple d'aider les agents du parc à capturer les animaux l'hiver suivant quand ils sont moins agiles à cause de la neige.

Le "risque sanitaire" et le principe de précaution ont donc primé au grand dam de Stéphane qui se dit "profondément choqué" et "dégoûté". Il attend à présent la facture promise par le Parc pour l'abattage ainsi que les analyses qui ont été pratiquées sur les cadavres. On saura alors si les animaux étaient ou pas atteints par la brucellose et s'ils risquaient de la transmettre aux bouquetins.

La chèvre naine récupérée en février dernier est la seule survivante mais elle ne reverra plus les pâturages de Val-d'Isère. Son propriétaire a préféré la placer en pension à Bourg-Saint-Maurice.

 

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